Pour la CGTR, le risque de liquidation judiciaire de la SPL Estival est réel

"La vie des salariés se joue le 28 août devant le tribunal de commerce", assurait ce jeudi matin Roger Alagama, secrétaire général de la CGTR Transport voyageurs, au sortir d'une conférence de presse donnée au siège du syndicat à Saint-Denis. Malgré l'annonce par Patrice Selly en conseil communautaire de la Cirest du versement d'une aide forfaitaire de 800.000 euros, censée couvrir la faible trésorerie de la SPL Estival, la CGTR affirme craindre (au même titre que FO et UR974) le placement en liquidation judiciaire de la société, en proie à d'importantes difficultés financières liées à sa gestion dispendieuse.
"Patrice Selly est président de la Cirest et président, même si c'est par intérim, de la SPL. Et il nomme comme directrice une cadre de la Cirest. Il y a un problème", tempêtait ainsi Roger Alagama, en incitant les élus du CSE à porter les faits à la connaissance de la procureure de la République.
Une allusion à l'attention de Thierry Hoareau, représentant CGTR du personnel à la SPL Estival, qui n'a pas précisé ce matin si une plainte était envisagée. Celui-ci a préféré insister sur le déroulement du conseil communautaire du 24 juillet dernier, au cours duquel Patrice Selly a fait voter pour 3,8 millions d'euros sur 10 ans d'aides supplémentaires pour la SPL Estival, sans que cela ne figure pour autant sur la délibération votée par la majorité.
"Selly n'apporte aucune preuve"
"Il dit qu'il ne peut pas injecter 800.000 euros tant qu'il ne change pas le contrat de la DSP (délégation de service public, NDLR). Mais est-ce que c'est vrai ? Il n'apporte aucune preuve. Il dit que, a priori, le périmètre du contrat ne changera pas, mais que veut dire a priori? Y aura-t-il des licenciements ?", s'est interrogé Thierry Hoareau.
"Quand Estival était en SEM, elle payait les transporteurs privés 11,75 euros par kilomètre. Maintenant que c'est en SPL, le prix a baissé à 6,35 euros pour que les transporteurs répondent aux appels d'offre", a fait valoir Roger Alagama, en estimant que le capital de 500.000 euros de la société était "trop faible".
Mais il n'y a pas que la SPL Estival qui va mal, selon le secrétaire général CGTR Transport voyageurs. Les budgets alloués aux SEM de transport des autres intercommunalités seraient en baisse, et la société Car Sud pourrait même subir des licenciements dans le cadre de la renégociation de la délégation de service public avec la Semittel, craint le délégué syndical CGTR Karl Payet.
Elu CGTR au sein de la société privée de transport la STOI, Patrick Soupaya a pour sa part évoqué des atteintes à la liberté d'exercer ses activités syndicales, une plainte ayant été déposée à la gendarmerie de Saint-Benoît après que son véhicule personnel ait été incendié.


