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La Cirest vote 800.000 euros d'aides pour combler la trésorerie de la SPL Estival

Le président Patrice Selly a informé ce mercredi soir les élus communautaires qu'ils devaient résilier l'actuelle délégation de service public de la SPL Estival, seule condition permettant le versement d'une aide forfaitaire de 800.000 euros. Un nouveau contrat sera passé avec la SPL, lequel prévoit en outre d'abonder le capital de 300.000 euros par an pendant 10 ans pour apurer la dette.
Ecrit par Thierry Lauret – le jeudi 25 juillet 2024 à 06H04
Joé Bédier et Patrice Selly.

La manœuvre a « consterné » Daniel Gonthier. Ce mercredi soir, à l'occasion du conseil communautaire de la Cirest, l'ancien maire de Bras-Panon a découvert, comme bon nombre d'élus mais aussi de salariés de la SPL Estival présents dans la salle, que la délibération portant sur la résiliation de l'actuelle délégation de service public (DSP) avec la société de transport en commun de la Cirest cachait, en réalité, une manœuvre pour faire passer une précédente délibération, prévue lors du dernier conseil communautaire mais retirée de l'ordre du jour sans la moindre explication à l'assemblée.

Ce soir-là, l'affaire retirée du programme du conseil communautaire prévoyait de voter une aide de 800.000 euros à la SPL Estival, au titre d'une nouvelle aide forfaitaire. Hier, le vote de cette aide est revenu sur le tapis, la somme de 800.000 euros étant assortie d'un abondement de 300.000 euros par an pendant 10 ans au capital de la société.

« Le versement de cette contribution forfaitaire de 800.000 euros ne peut pas être réglementairement réalisée dans le cadre de l'actuel contrat, il ne peut l'être que dans le cadre d'un nouveau contrat », a fait valoir Patrice Selly pour expliquer pourquoi les élus devaient absolument voter la résiliation de l'actuelle DSP.

Problème : la délibération ne fait absolument pas mention ni du versement de cette aide, ni de l'apport au capital de 3 millions d'euros étalonné sur 10 ans. « Vous avez un argument qui n'existe en aucune façon dans le document que vous nous avez donné. Il y aurait besoin de notre accord pour débloquer 800.000 euros, mais ce n'est écrit nulle part », n'a pas manqué de relever Daniel Gonthier, le seul à voter contre l'affaire.

Les élus de Joé Bédier ont préféré seulement s'abstenir, Patrice Selly ayant assuré que les 800.000 euros allaient permettre de combler la trésorerie de la SPL Estival, menacée selon lui de cessation d'activité d'ici novembre. Patrice Boulevart, l'élu de la Région, a tout simplement préféré quitter la salle au début des débats, peut-être afin que la Pyramide inversée, où il siège comme vice-président, ne puisse en aucun cas être associée à la délibération.

 

« Plus on avance, plus on va vers le précipice »

 

« C'est un sujet très sensible. Est-ce que vous avez pris le temps de discuter humainement avec ces gens ? Vous n'avez pas la capacité humainement de le faire, M. Selly », a lancé le maire de Saint-André, en estimant que si Patrice Selly lui avait rendu la présidence de la Cirest, ce marasme aurait pu être évité.

Dans un communiqué envoyé plus tôt dans la journée, Joé Bédier avait laissé entendre que le déficit de la SPL Estival s'élèverait désormais à près de 5 millions d'euros. « Plus on avance, plus on va vers le précipice. Je ne vais pas vous refaire le match avec M. Alamélou et tout ce qu'on sait, parce que c'est dramatique. Mettons-nous à la place de ces gens-là. Je vois une salariée qui pleure dans la salle. Il y aura peut-être des drames, il y aura certainement des dégâts, c'est pour cela qu'il n'est jamais trop tard de prendre le temps d'écouter les gens », a poursuivi Joé Bédier à l'adresse du maire de Saint-Benoît.

Selon Patrice Selly, c'est lors d'une réunion avec les syndicats CGT et CFTC, à laquelle UR974 et FO ont refusé de participer, que la décision de retirer l'affaire de l'ordre du jour du dernier conseil communautaire avait été prise. Mais pourquoi en avoir fait mystère à l'époque, et pourquoi n'avoir pas inscrit noir sur blanc les 3,8 millions d'euros d'aides de la Cirest dans la délibération votée hier ?

Patrice Selly assure pour sa part s'en tenir aux recommandations de l'administrateur judiciaire en charge de la gestion de la SPL Estival. La société détenue à 95% par la Cirest, en redressement judiciaire, a rendez-vous le 28 août devant le tribunal de commerce et demandera la prolongation de six mois de ses activités.

« Les seuls qui ont payé le prix dans cette affaire, ce sont les salariés. Eux ils ont gardé le même train de vie et on continue de payer les loyers dénoncés par la Chambre régionale des comptes », déplorait hier soir un syndicaliste FO en quittant la salle.

 

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