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Philosophie : Découvrez les sujets du baccalauréat 2024

L'épreuve de Philosophie marque le début des examens du baccalauréat 2024 ce mardi. Les sujets sur lesquels ont planché les élèves durant toute la matinée ont été dévoilés. Qu'auriez-vous répondu à leur place ?

Ecrit par N.P – le mardi 18 juin 2024 à 11H35

Durant 4 heures ce mardi matin, les 11.902 candidats de l’Académie de La Réunion de la filière générale et technologique ont planché sur leur toute première épreuve écrite du Baccalauréat 2024, une étape cruciale, celle de la fameuse épreuve de philosophie.
Ils avaient le choix entre l’une des deux dissertations et une explication de texte.

Section générale
Dissertation n° 1 : La science peut-elle satisfaire notre besoin de vérité ?
Dissertation n° 2 : L’État nous doit-il quelque chose ?

Commentaire de texte : Simone Weil, La Condition ouvrière (1943)

« Toute action humaine exige un mobile1 qui fournisse l’énergie nécessaire pour l’accomplir, et elle est bonne ou mauvaise selon que le mobile est élevé ou bas. Pour se plier à la passivité épuisante qu’exige l’usine, il faut chercher des mobiles en soi-même, car il n’y a pas de fouets, pas de chaînes ; des fouets, des chaînes rendraient peut-être la transformation plus facile. Les conditions mêmes du travail empêchent que puissent intervenir d’autres mobiles que la crainte des réprimandes et du renvoi, le désir avide d’accumuler des sous, et, dans une certaine mesure, le goût des records de vitesse. Tout concourt pour rappeler ces mobiles à la pensée et les transformer en obsessions ; il n’est jamais fait appel à rien de plus élevé ; d’ailleurs ils doivent devenir obsédants pour être assez efficaces. En même temps que ces mobiles occupent l’âme, la pensée se rétracte sur un point du temps pour éviter la souffrance, et la conscience s’éteint autant que les nécessités du travail le permettent. Une force presque irrésistible, comparable à la pesanteur, empêche alors de sentir la présence d’autres êtres humains qui peinent eux aussi tout près ; il est presque impossible de ne pas devenir indifférent et brutal comme le système dans lequel on est pris ; et réciproquement la brutalité du système est reflétée et rendue sensible par les gestes, les regards, les paroles de ceux qu’on a autour de soi. Après une journée ainsi passée, un ouvrier n’a qu’une plainte, plainte qui ne parvient pas aux oreilles des hommes étrangers à cette condition et ne leur dirait rien si elle y parvenait ; il a trouvé le temps long. »

Section technologique
Dissertation n° 1 : La nature est-elle hostile à l’homme ?
Dissertation n° 2 : L’artiste est-il maître de son travail ?

Commentaire de texte : Platon, Les Lois IX (IVe siècle av. J.-C.)

« I est nécessaire aux hommes de se donner des lois et de vivre conformément à ces lois, sous peine de ne différer en rien des bêtes les plus sauvages. Voici quelle en est la raison : aucun homme ne naît avec une aptitude naturelle à savoir ce qui est profitable pour la vie humaine en société, et même s’il le savait, à pouvoir toujours faire et souhaiter le meilleur. Car en premier lieu, il est difficile de comprendre que l’art politique véritable doit prendre soin, non du bien particulier, mais du bien général – car le bien général rassemble, tandis que le bien particulier déchire les sociétés ; et le bien commun tout autant que le bien particulier gagnent même tous les deux à ce que le premier plutôt que le second soit assuré de façon convenable. En second lieu, même si l’on était assez habile pour se rendre compte que telle est la nature des choses, et qu’on ait à gouverner un État avec un pouvoir absolu et sans rendre aucun compte, on ne pourrait pas rester fidèle à ce principe et faire passer pendant toute sa vie le bien commun de la société au premier rang et le bien particulier au deuxième. En fait la nature morelle de l’homme le portera toujours à vouloir plus que les autres et à s’occuper de son bien particulier, parce qu’elle fuit la douleur et poursuit le plaisir sans tenir compte de la raison, qu’elle les fera passer l’une et l’autre avant le plus juste et le meilleur, et, s’aveuglant elle-même, elle finira par se remplir, elle et toute la société, de toutes sortes de maux« .

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