Perquisition : "Ils n'ont rien trouvé !" affirme le pdg d'Air Austral

Le 7 novembre dernier, des auditeurs de l'Autorité de la concurrence investissaient les locaux du siège d'Air Austral. Une mise sous scellés avait ainsi été réalisée dans le cadre d’une enquête ouverte par cette dernière qui s’est saisie. Cette enquête est en lien avec le dossier de non-reconduction par les Autorités Malgaches des droits de trafic temporaires de la compagnie Corsair entre la Réunion et Tananarive en 2018.
Répondant au magazine TourMag, le président directeur général d'Air Austral donne sa version de la perquisition menée, selon lui, pour des raisons politiques. Avant d'en arriver à cette conclusion, Marie-joseph Malé revient sur le contexte de l'époque.
"C’est plutôt une histoire où la politique tient un certain rôle"
"Je rappelle la problématique telle qu’elle se posait. Corsair desservait Madagascar en faisant du Paris-Dzaoudzi-Tana et retour. Quand French Bee est arrivé, Corsair s’est recentré sur La Réunion. Ils ont décidé de faire du Paris-Réunion et d’aller depuis La Réunion, vers Tana ou Dzaoudzi. Finalement, Corsair a obtenu des droits temporaires de six mois. A l’époque, Air Madagascar n’allait pas très bien et les autorités malgaches avaient accordé les droits de trafic à condition que Corsair apporte une certaine part de trafic (chiffré) en plus. Air Madagascar n’était pas d’accord, mais sur le plan du tourisme, le ministre y a vu un certain intérêt. Entre-temps, Air Austral est devenu un partenaire stratégique d’Air Madagascar, celle-ci s'est restructurée et au moment du bilan, nous avons constaté que le trafic promis par Corsair n’était pas au rendez-vous", explique-t-il longuement dans TourMag.
"Il n’y a pas eu génération de trafic nouveau. C’est ça le sujet ! Le vrai sujet. Donc, voyant cela, le gouvernement malgache leur a dit qu'il n’y avait pas de trafic nouveau et que les tarifs pratiqués par Corsair étaient en dessous, sans doute, du coût de production… sans vouloir évoquer le terme de dumping ! Corsair s’est fait retoquer sur cette base-là. Du coup, pour se défendre, nous avons été accusés, Air Austral et Air Madagascar, d’occuper une position dominante, etc. Quand, quelques mois après, l’Autorité de la concurrence nous l'a demandé, nous avons donné tous les arguments. Et si vous voulez mon avis, c’est plutôt une histoire où la politique tient un certain rôle. Toujours est-il que nous avons été perquisitionnés, que rien n’a été trouvé ! Cette perquisition, il fallait la faire, mais c’est un acte politique…", conclut Marie-Joseph Malé.


