Parlons responsabilités !
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Le monde et les médias ne cessent de nous abreuver des catastrophes naturelles qui endeuillent quotidiennement notre planète et ses habitants, l’une chassant l’autre. Il est bien connu que ce ne sont pas les avions qui arrivent à l’heure qui "font" l’information, mais les avions qui s’écrasent.
A la Réunion, nous possédons une route qui a fait couler beaucoup d’encre et provoqué beaucoup de morts, au point d’être populairement baptisée "la route de la mort". Les conditions climatologiques tropicales courantes près de six mois durant, les menaces sismiques dont nous ne sommes pas exempts, laissent à penser que cette liaison routière essentielle, car desservant le port et l’aéroport, empruntée quotidiennement par plus de 80.000 usagers, chiffre en augmentation croissante avec la route des Tamarins, pourra être le lieu d’une terrible catastrophe en cas d’effondrement en masse de la falaise ou d’un tsunami comme la nature les produit à travers le monde.
Cette route, dont le choix contestable avait été contesté à juste titre en son temps par l’actuel président de région, avait donnée lieu, aux élections de mars 1998, à une promesse de voir le chantier de son nouveau tracé définitivement sécurisé lancé en urgence, dans un délai de six mois nécessaire aux études. Comment expliquer raisonnablement, malgré les nombreux accidents mortels survenus, que cette promesse n’a pas été tenue, ni en 1998, ni en 2004 et qu’aujourd’hui, il est annoncé que le début de sa réalisation est renvoyé de 2014 jusqu’en 2020 la première tranche et 2024 sa livraison définitive. Ainsi, après avoir attendu en vain durant 12 ans, de 1998 à 2010, les 80.000 usagers quotidiens, 10% de la population réunionnaise, sont astreints d’attendre jusqu’en 2020 et 2024, soit 10 à 14 années supplémentaires pour ne plus courir de risques mortels !
Dans ces conditions, et avant les échéances des 14 et 21 mars, une question évidente se pose : qui assumera la responsabilité si suite à un séisme, un cyclone type 1948, ou un tsunami, des dizaines, voire des centaines de personnes perdaient la vie et si cet axe routier sans réelle alternative pour les marchandises, carburants, conteneurs, matériaux, etc… était coupé pour de longs mois ? Gouverner c’est prévoir, mais alors quels sont les motifs importants de ce refus de prévoyance criminel au plan humain et dramatique au plan économique du fait du président de région et de ses colistiers ?
Comment des citoyens responsables peuvent-ils collectivement souscrire à ce renvoi à dans 10 à 14 ans d’une solution prioritaire et déjà différée volontairement depuis 12 ans au profit d’un projet ferré coûteux, dépassant nos capacités financières, et ne répondant pas véritablement aux attentes et besoins humains et économiques des 820.000 Réunionnais qu’il va lourdement ponctionner pour 44 années, réduisant les capacités d’investissements sur les ouvrages routiers, les ravines, les radiers, les stations d’épurations et d’élimination des déchets nécessaires, nombreux et importants à venir?
Les 14 et 21 mars, le respect de la vie d’autrui, le respect des finances d’autrui, résultats de leur travail, ne doivent-ils pas inciter nos concitoyens à voter pour la vie, la prévoyance, l’efficacité et l’économie sous peine d’en assumer la très lourde responsabilité dans l’éventualité d’une terrible catastrophe que nul ne peut sous-estimer excepté l’Alliance de Paul Vergès ?


