Palestine : "le temps de la paix est venu", déclare Emmanuel Macron

À la tribune des Nations unies, Emmanuel Macron a déclaré, lundi à New York, la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par la France. Une annonce historique, qui fait de Paris le premier membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU à franchir ce pas.
« Le temps de la paix est venu », a martelé Emmanuel Macron en ouverture de son allocution. « Je déclare que la France reconnaît aujourd’hui l’État de Palestine », a-t-il proclamé sous les applaudissements.
Le président français a justifié ce choix par l’urgence de mettre fin à la guerre à Gaza : « Le temps est venu de libérer les 48 otages détenus par le Hamas. Le temps est venu d’arrêter la guerre, les bombardements à Gaza, les massacres et les populations en fuite. Le temps est venu car l’urgence est partout. »
Un signal politique majeur
En reconnaissant un État palestinien, la France rejoint plus de 140 pays qui l’ont déjà fait, mais elle devient la première puissance occidentale à le faire. Emmanuel Macron a insisté : « Cette reconnaissance est une manière d’affirmer que le peuple palestinien n’est pas un peuple en trop. La reconnaissance des droits légitimes du peuple palestinien n’enlève rien aux droits du peuple israélien. »
Le président a par ailleurs dénoncé la poursuite de l’offensive israélienne contre Gaza : « Rien, rien ne justifie plus la poursuite de la guerre à Gaza. Rien. Tout commande au contraire d’y mettre un terme définitif maintenant, pour sauver des vies. »
« Une défaite pour le Hamas »
Conscient des critiques, notamment venues des États-Unis, Emmanuel Macron a défendu sa position : « Cette reconnaissance de l’État de Palestine est une défaite pour le Hamas comme pour tous ceux qui attisent la haine antisémite. »
Il a toutefois posé des conditions à la suite du processus, notamment la libération des otages et le démantèlement du Hamas : « Le Hamas a été vaincu sur le plan militaire… Il doit l’être sur le plan politique pour être véritablement démantelé. »
Un plan conjoint avec l’Arabie saoudite
La décision française s’inscrit dans un plan de paix élaboré avec l’Arabie saoudite et adopté par une large majorité de l’Assemblée générale. Celui-ci prévoit trois étapes : un cessez-le-feu et la libération des otages, la stabilisation et la reconstruction de Gaza sous administration de transition intégrant l’Autorité palestinienne, puis la relance de négociations sur le statut final.
« Le temps est venu de rendre justice au peuple palestinien et ainsi de reconnaître un État de Palestine, frère et voisin, à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem », a conclu Emmanuel Macron. « Le temps est venu de chasser de ces terres le visage hideux du terrorisme et de bâtir la paix. »


