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Olivier Rivière : "Ce mandat 2020-26 est celui du social et de l'environnemental"

Loin du tumulte des grandes agglomérations, Saint-Philippe semble l'un des derniers vestiges du tan lontan. Paradoxalement, la petite ville n'en est pas moins l'une des plus grosses communes de l'île en matière de superficie. À sa tête depuis 2009, Olivier Rivière a cette particularité d'être un jeune maire avec déjà une forte expérience. L'occasion pour lui de revenir sur les projets qu'il a pu porter et ceux qu'il n'a pas encore réussi à faire aboutir.
Ecrit par Gaetan Dumuids – le jeudi 18 juillet 2024 à 17H21

Bien que la forte houle se fracasse sur la roche volcanique du petit port de pêcheur, la fureur de l'océan ne semble en rien rompre la quiétude de Saint-Philippe. La petite commune d'à peine plus de 5000 habitants semble être un îlot du passé dans un département en pleine mutation de modernisme.

Développer sans dénaturer est donc le défi auquel s'est attelé Olivier Rivière depuis son élection en 2009. Si la gestion d'une petite municipalité offre des avantages, cela apporte également son lot de contraintes. "Les moyens qui sont les nôtres ne sont pas les mêmes que ceux des moyennes et grandes communes. Tout l'enjeu pour les équipes municipales, c'est de pouvoir mobiliser les moyens humains et financiers de l'intercommunalité, mais aussi de la Région et du Département", explique Olivier Rivière.

Mais malgré ce manque de fonds propres, la municipalité parvient à mobiliser toutes les sources de financement dont elle dispose par les autres collectivités. "Dans le bassin sud, nous sommes devenus l'une des communes qui investit le plus par habitants. Nous sommes autour de 750 euros par habitants, donc sur un niveau élevé au regard des capacités financières et des moyens humains qui sont les nôtres", souligne le maire de Saint-Philippe.

"Nous avions clairement un retard structurel"

Grâce à ce travail de mobilisation des financements, le maire et ses équipes ont pu entamer un développement structurel pour la ville. "Nous avions clairement un retard structurel en matière d'équipement culturel et sportif", confirme l'élu. C'est ainsi qu'en 2021, la commune a pu inaugurer le centre aquatique Teddy Hoareau pour un budget de 8 millions d'euros.

Saint-Philippe s'est également doté d'une cuisine centrale afin d'alimenter toutes les écoles de la commune. "Nous avons à peu près 700 enfants qui sont concernés, mais également des seniors puisque nous avons mis en place, au travers du CCAS, un dispositif de portage à domicile qui vient en aide à une centaine de seniors du territoire", précise-t-il.

L'autre aménagement "qui tenait à cœur" à l'équipe municipalité était le réaménagement du puits des Anglais. Avec la Région, ce sont 4 millions d'euros qui ont été mobilisés "pour cette pépite sur le plan touristique". C'est d'ailleurs à cet endroit que la SPL Tourisme a décidé d'y implanter son bureau d'information.

"Un autre projet qui n'est pas anodin, c'est la rénovation des routes. Je me souviens, il y a quelques années encore, les nids de poules, notamment dans le centre-ville, c'était un peu la norme. À l'inverse, les routes en bon état étaient l'exception", rappelle l'édile. S'il est conscient que "du chemin reste à faire", notamment sur les chemins d'exploitations agricoles, il assure que "des points d'équilibre seront trouvés."

Le champ de foire de Basse-Vallée, où se tient notamment la fête du Vacoa, a également eu droit à un relooking. Un cheminement bétonné permet à présent de circuler sur le site sans difficultés, surtout en période de pluie où la boue pouvait gâcher l'expérience.

Certains projets compliqués par des raisons surprenantes

Certains projets n'ont pas encore "été effectués". C'est le cas de la cale de mise à l'eau au port, un "serpent de mer depuis des décennies". Cet aménagement a échoué malgré de nombreuses tentatives pour des raisons financières ou administratives, parfois surprenantes. C'est le cas en 2022, lorsqu'il apprend que pour cet investissement dans le port, il "doit dépolluer les roches considérées comme polluées à l'eau marine". Malgré ces difficultés, Olivier Rivière assure "presque voir le bout du tunnel."

L'autre projet avorté est la maison de veillée funéraire. Si la Région avait déjà mobilisé le million d'euros pour sa construction et que le terrain appartenait à la commune, l'évêché a utilisé son droit affectataire pour s'opposer à l'implantation du site à côté de l'église. En conséquence, le temps imparti a été dépassé et les financements ont été perdus. Mais le maire assure que "ce n'est que partie remise."

Pour Olivier Rivière, "ce mandat 2020-26 est celui du social et de l'environnemental". La crise Covid a renforcé cette conviction sur l'aspect social, car les restructurations du CCAS ont permis "d'y faire face et de répondre aux urgences du quotidien". S'il est conscient que ses moyens humains et financiers sont limités, il assure que la dynamique d'investissement permet de rattraper petit à petit le retard structurel de Saint-Philippe.

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