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Nuisances sonores : la charte sur l'aviation légère ne passe pas auprès des associations

Ecrit par N.P – le lundi 23 juin 2025 à 11H16
Image d'illustration

Alors que la préfecture de La Réunion vient de publier une charte visant à encadrer les nuisances sonores liées à l’aviation légère, plusieurs associations locales dénoncent un texte inefficace et refusent de le signer. Dans un communiqué commun, elles critiquent l’absence de mesures contraignantes et accusent les autorités de favoriser les activités aériennes de loisir au détriment de la population.

Présentée comme un outil de régulation, cette charte était attendue depuis 2020. Mais pour les signataires du communiqué, l’espoir suscité par ce projet est rapidement déçu. « Les espoirs procurés par ce projet sont douchés dès l’article 3 », écrivent-ils, estimant qu’il est demandé aux associations « de légitimer des activités qu’elles combattent pourtant ardemment ». L’article 9, qui prévoit que les signataires « promeuvent » cette charte, est également pointé du doigt, alors même qu’aucune des propositions issues de la société civile n’aurait été retenue. « Une coquille vide », résument-ils.

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Des mesures jugées insuffisantes

Le communiqué s’attarde aussi sur l’article 6.3, dans lequel les usagers de l’aviation légère s’engagent à différer les vols les dimanches et jours fériés à partir de 7 h en été austral et 7 h 30 en hiver. « Comme si gagner une heure de sommeil le dimanche allait nous faire taire… », déplorent les collectifs, qui considèrent cette mesure comme largement insuffisante.

Ils s’interrogent également sur l’absence de décisions concrètes depuis la création, en juin 2023, du Comité Départemental de Gestion des Nuisances Sonores. Selon eux, ce comité ne s’attaque pas aux véritables enjeux : l’encadrement, la réduction, voire l’interdiction des « vols non essentiels et très intrusifs », en particulier les vols privés commerciaux à but récréatif.

Un encadrement réclamé pour l’aviation de loisir

Les associations estiment que l’aviation légère échappe aux normes environnementales imposées à d’autres secteurs économiques. Elles dénoncent une aviation de loisir qui évoluerait dans une « zone de non-droit environnemental », régie uniquement par « les règles de l’air », et non par des considérations de santé publique ou de protection de la biodiversité.

Selon les signataires, l’exemple d’autres territoires montre pourtant qu’une régulation est possible. Ils citent notamment les restrictions mises en œuvre à Saint-Tropez, à l’héliport de Paris ou encore les discussions en cours dans le massif du Mont-Blanc. À La Réunion, au contraire, ils accusent les autorités de « conforter les activités aériennes de tourisme et de loisirs » au détriment de la population et du tourisme durable.

« Le Comité Départemental de Gestion des Nuisances Sonores, censé travailler à la réduction des nuisances, apparaît désormais pour ce qu’il est : un faux-semblant de concertation », concluent-ils. Les associations demandent au préfet de « revoir sa copie » et d’engager une concertation réelle avec les acteurs concernés, dans l’objectif d’« un encadrement ferme des vols et une limitation effective des nuisances ».

*Le communiqué est signé par une dizaine d’organisations, dont Kolair 974, Greenpeace La Réunion, Extinction Rebellion, l’Union française contre les nuisances des aéronefs (UFCNA), Cilaos mon amour ou encore l’Association citoyenne de Saint-Pierre.

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