NRL : Thierry Robert a raison

On peut penser et dire ce qu’on veut (et souvent n’importe quoi) de Thierry Robert. Moi-même, je ne l’ai pas toujours épargné. Mais concernant les deniers publics et la gestion d’un territoire, son espace communal en l’occurrence, on ne voit trop ce qu’il y a à lui reprocher.
Son bilan plaide plutôt en sa faveur et il semble que le député-maire de Saint-Leu ait réalisé plus de 80% de son programme de 2008. Cela ne va pas nous écorcher la gu… de le reconnaître.
Il est entrepreneur, ce qui lui a plutôt bien réussi, et sait donc ce qu’est une gestion financière et comptable. Lorsqu’il affirme que la Nouvelle route du littoral (NRL) va nous coûter les yeux de la tête et bien plus encore, il sait de quoi il parle.
Cette route, dans sa conception, est partie pour sauter allègrement la barre des 3 milliards d’euros. Où va-t-on trouver cet argent ?
La seule satisfaction, pour peu que cette route s’achève un jour, sera la jouissance égoïste de ses thuriféraires. Mais à quel prix !
Il ne s’agit pas que de pognon : la catastrophe écologique, dont les autorités se gaussent avec une aisance et un mépris très déplaisants, sera aussi au bout de la route.
Catastrophe écologique dans les lieux où seront prélevés les millions de tonnes de roches pour les remblais et soubassements. Catastrophe pour les pétrels, paille-en-queue, dauphins, marsouins et mille autres espèces endémiques.
Je ne dis pas qu’une nouvelle route est inutile : elle est indispensable ! Mais l’option « Didier et consorts » est la pire. Comme était aussi la plus mauvaise, en son temps, la Corniche de 1963. Bien des alternatives avaient alors été proposées, dont le projet Defaud. Les sociétés toutes puissantes ont arrosé qui il fallait et on a eu droit à la stupidité dangereuse dont pâtissent encore les Réunionnais du 21è siècle.
On pouvait faire un tunnel ; le tram-train n’était pas non plus une idiotie ; quant aux 2 000 bus promis par le petit Didier, on y croyait, nous.
Cette NRL sera balayée par les fortes houles croisées cycloniques, comme les vieux ports défoncés qu’il y eut naguère à Saint-Denis. Mais nos édiles ne lisant pas l’histoire, comment pourraient-ils en tirer les leçons ?
Jules Bénard


