Nouvelle-Calédonie : Emotion et stupeur après le saccage d'un haut-lieu de la mémoire kanak

Le mausolée du grand chef kanak Ataï et de son sorcier Dao, situé à La Foa, a été profané dans la nuit de dimanche à lundi, par un ou des individus encore non identifiés. Les plaques de marbre et le couvercle qui protégeait les deux cercueils ont été brisés, affirme la tribu du Petit Couli. Les autorités coutumières de la région promettent de retrouver le ou les responsables de la profanation.
Pour la mairie de La Foa, "cet incident, qui fait suite à l'incendie de la villa Lacourt le 24 juin dernier, vient à nouveau bafouer des symboles forts de notre histoire calédonienne, parfois douloureuse, et notre désir de construire un avenir commun", déplore-t-elle dans un communiqué. Louis Le Franc, haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, qualifie ces actes de "grande gravité" et assure son soutien aux Calédoniens, affirmant que les forces de sécurité continueront leurs efforts pour maintenir l’ordre public en Nouvelle-Calédonie.
Louis Mapou, président du gouvernement local, souligne que "cette profanation marque un nouveau degré de violence, surpassant les incendies des églises de Saint-Louis, de Vao et du presbytère de Thio-Mission". Il condamne ces "actes incompréhensibles, qui portent atteinte à la mémoire collective".
Inauguré en 2021, ce site servait de lieu de sépulture au leader de la révolte contre les Français de 1878. Celui-ci avait été tué par des kanaks d'un clan rival et fidèle aux autorités coloniales, et sa tête avait été rapportée dans l'Hexagone comme trophée. Disparu durant des années, elle avait finalement été retrouvée dans une remise du Jardin des Plantes de Paris. Ses restes avaient été rapatriés en 2014, puis une fois les rites funéraires kanak respectés, il avait été enterré en grande pompe lors d'une cérémonie en 2021. Son sorcier, tué à ses côtés, a également été inhumé lors de cette cérémonie.


