Naw-Ruz, les Baha'is de la Réunion fêtent leur Nouvel An
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Le mercredi 21 mars, les Bahá’ís fêteront l’année 169 de leur calendrier. Le Naw-Rúz est également le nouvel an en Iran, le pays-berceau de cette jeune religion, qui compte aujourd’hui plus six millions de membres dans 200 pays et territoires à travers le monde.
Depuis trois mois l’étau se resserre autour de l’Iran, plus que jamais au centre des enjeux géostratégiques. Depuis janvier denier, l’Union Européenne a décidé d’"imposer un embargo pétrolier graduel contre l'Iran ainsi que pour sanctionner sa banque centrale". (Le Monde du 20.01.2012) L’Iran est d’autant plus observé de près par l’opinion internationale car il est soupçonné de soutenir l’Etat Syrien qui est déjà responsable de plus de 7.000 morts parmi les révolutionnaires. "L’Iran fournit des armes au régime de Bachar Al-Assad pour aider la répression du mouvement de protestation, ont déclaré, vendredi 13 janvier, de hauts responsables américains". (Le Monde du 15.01.2012)
Les rumeurs de guerre contre l’Iran se font entendre en Europe comme aux Etats Unis. Le président américain, Barak Obama, a mis à nouveau en garde contre une telle initiative, regrettant qu'"on parle trop de guerre" contre l'Iran en ce moment, tout en déclarant que son pays était "prêt à utiliser la force contre Téhéran si nécessaire". (Le Monde du 5.03.2012)
De plus, des rapports des Nations Unis se succèdent faisant état de tortures, d’exécutions sommaires, et d’entraves aux droits de l’homme perpétrés par les autorités iraniennes. Ce mois-ci, lors d’une réunion du Conseil des droits de l’homme à Genève, le rapporteur spécial des Nations unies, Ahmed Shaheed, "a fait état d’une augmentation inquiétante du nombre d’exécutions pratiquées dans la République islamique – plus de 600 au cours de l’année 2011, beaucoup pour des crimes considérés comme mineurs par les lois internationales". Selon M. Shaheed, les autorités iraniennes ont également intensifié leur détention de journalistes et d’avocats et ont continué leur persécution des minorités ethniques et religieuses.
Les bahá’ís, constituant la plus forte minorité du pays, continuent à être arbitrairement arrêtés et détenus pour leurs croyances, a noté M. Shaheed, en violation du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Il y a actuellement plus de 50 bahá’ís en prison uniquement pour leur croyance. Les bahá’ís sont aussi soumis à "une sévère pression socio-économique", subissant des privations de "propriété, d’emploi et d’éducation".
Ces derniers mois le gouvernement iranien a intensifié la persécution des bahá’ís. La Communauté internationale bahá’íe a récemment appris que les sept enseignants emprisonnés – tous des professeurs ou des assistants engagés dans une initiative communautaire connue sous le nom d’Institut bahá’í d’enseignement supérieur (IBES) – ont comparu devant la cour, les poignets menottés et les pieds entravés. Là, en présence de leurs avocats, ils ont été informés du verdict et de leurs sentences.
Au cours des six derniers mois, depuis le début de leur détention, le tollé soulevé par l’incarcération des sept enseignants a gagné le monde entier. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, a été le premier à critiquer les actions de l’Iran, ainsi que des personnalités mondiales éminentes comme les lauréats du prix Nobel de la paix, l’archevêque Desmond Tutu et Jose Ramos-Horta, président du Timor oriental. En octobre, quelque 43 philosophes et théologiens renommés de 16 pays ont signé une lettre ouverte protestant contre l’attaque lancée contre l’IBES. Shirin Ebadi, Prix Nobel de la Paix, défend également certains bahá’ís en prison contre le régime iranien.
Dans un contexte d’instabilité économico-politique extrême qui peut à tout moment devenir explosif, le Moyen Orient, tout particulièrement l’Iran, représente un brasier potentiel. Les principes bahá’ís majeurs reposent sur l’unité du monde comme prélude à la paix. Pour la Foi Bahá’íe les bouleversements actuels du monde ne sont que les résultats de systèmes de pensées obsolètes et inappropriés pour notre temps. Il est certain que les problèmes mondiaux ne semblent pas s’apaiser et qu’au contraire nous observons leur détérioration à tous les niveaux de jour en jour. Les anciens réflexes économiques et géostratégiques y sont pour beaucoup.
Pour cette nouvelle année, le Naw-Rúz, qui tombe le jour de l’équinoxe, symbole du renouvellement du cycle solaire, les bahá’ís de la Réunion souhaitent que tous les humains, que ce soit au sein de la société ou au niveau mondial, mettent en pratique des valeurs et des systèmes de dialogue et de coopération égalitaires afin de trouver des solutions à nos problèmes. L’humanité est à la recherche de nouvelles manières de penser et d’agir pour un monde plus uni, stable et paisible.
Contact
Elijah Baichoo
Bureau d’Information Publique des Bahá’ís de la Réunion
Vice-président du Groupe de Dialogue Interreligieux
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