Nasion Rénioné dit non à "l'assistanat"

"Si la Frans i angrès a nou kom ti kochon, sé po mié ramassé sek nana otour", affirme Bernard Ivaha, un planteur occupant la neuvième place sur la liste de Nasion Rénioné. "I fo pu nou lé sou-direkter", ajoute t-il, convaincu que l'île est sous emprise et qu'il faille l'en délivrer.
Si les onze autres listes qui se présentent aux Régionales de 2010 voient l'avenir de la Réunion avec le soutien de la France et de l'Europe, ce n'est pas le cas du seul parti indépendantiste réunionnais, qui milite "pour l'indépendance de La Réunion". Une condition sine qua none, à entendre la tête de liste Aniel Boyer, pour que les Réunionnais aient accès aux "postes d'encadrement" dans tous les secteurs, et que l'île ne soit plus "pilotée par la France". Il ne se considère ni comme un Français, ni comme un Européen mais comme un Réunionnais à part entière.
Le travail avant tout
L'emploi est l'axe principal du mouvement indépendantiste. Aniel Boyer si dit contre la MCUR et le Tram-train, dont les bénéfices iraient dans les poches des entreprises extérieures telles que Bouygues : "Nou voi bien ke la construksion du tram-train la pa profité aux Réunionnais".
Aniel Boyer dit vouloir la "liberté" du peuple réunionnais, c'est d'ailleurs son mot "préféré". La départementalisation de La Réunion a été pour son parti une manière "de vider le pays de ses forces vives".
"I fo nou retrouv une dinité", assure solennellement Bernard Ivaha. "Si nou ve ète otosufisan, sé sek le gouverneman la nu dir a nou, i fo pa nou atan le subvansyion. La di a nou i fo nou produi po lotosufisanse".
"Le stockage de l'hydrogène", une alternative aux énergies fossiles
Pour produire, Nasion Rénioné pense d'abord aux énergies. Et vu le contexte écologique actuel et les coûts des énergies fossiles détenues par un monopole, Laurent Souprayenmestry, chef d'entreprise et 7ème sur la liste, voit comme solution "le stockage de l'hydrogène", une alternative aux centrales électriques "trop consommatrices" et "pas écologiques".
Le militant assure que les énergies renouvelables, dans l'état actuel des choses, ne seraient qu'un "levier fiscal" pour les grosses entreprises. "Beaucoup de projets réunionnais restent dans les tuyaux", regrette le chef d'entreprise, à cause des "plus gros" qui se taillent la part du lion en s'octroyant les aides et les facilités accordées par l'État.
A cela, Aniel Boyer ajoute que les Réunionnais ne doivent "pu tourné le do a la mer". "Lé pa normal ke à la Rénion, na la Sapmer et que luzine de transformasyion lé à Maurice", indique l'indépendantiste.
Marie-Doriane Dijoux montre du doigt l'Education nationale
Marie-Doriane Dijoux, ex-assistante d'éducation, licenciée pour avoir fait grève en 2009 lors de la manifestation de ses homologues en fin de contrat, a rejoint le mouvement indépendantiste et figure en deuxième position. C'est sans hésitation qu'elle affirme qu'aujourd'hui l'Education nationale "produit en masse des chômeurs". Elle dit militer pour "l'éveil des consciences" de la population réunionnaise, pour qu'elle ne soit plus maintenue "dans l'assistanat".


