Mutualiser les efforts pour préserver les ressources biologiques tropicales
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Conserver, diffuser, valoriser les ressources génétiques, en faciliter l’accès, c’est la mission des CRB (centres de ressources biologiques) gérés par l’Inra (Institut National de la Recherche Agronomique), le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) et l’Ird (Institut de recherche pour le développement).
Cinq d'entre-eux, basés à la Réunion, aux Antilles, en Guyane et à Montpellier, se sont associés en 2010 au sein d’un projet dénommé "Inter-Trop", afin notamment de constituer les plus grandes réserves mondiales de plantes tropicales.
Il s'agit de conserver et mieux connaître le patrimoine biologique tropical pour éventuellement développer des variétés qui s'adapteraient mieux aux changements climatiques et à l'évolution de la consommation. C'est une des raisons qui incite tous ces chercheurs à préserver "l'immense réserve des gènes", soulignent-ils.
Préserver les ressources génétiques
Les collections de variétés de caféiers et de vanilles sont déjà les plus importantes au monde. Michel Grisoni, chercheur virologue au Cirad, précise qu'un des enjeux est de lutter contre la disparition de variétés endémiques de la vanille de Mayotte, notamment en raison de la déforestation. Également responsable de la collection de vanilliers du centre de ressources biologiques Vatel, Michel Grisoni cherche à préserver les ressources génétiques, notamment afin d'améliorer la résistance des plantes aux maladies.
Conserver les collections
De nombreuses autres plantes sont concernées par ce projet, notamment les cacaoyers et l'hévéa en Guyane, mais aussi les plantes de grandes cultures aux Antilles comme la canne à sucre et les bananiers. Le riz, l'ananas, les mangues et les ignames sont également étudiés par les différents CRB. Celui de Montpellier permet aussi de conserver les collections et de les mettre à l'abri des aléas climatiques des tropiques comme les cyclones ; celui-ci sauvegarde une des plus grandes collections de riz au monde. A la Réunion, il s'agit de préserver "les fruits et légumes lontan" et de redécouvrir les espèces végétales comestibles qui ont peu à peu disparu.
Pour conserver toutes ces espèces et leurs variétés, les scientifiques ont notamment recourt à de nouvelles techniques comme la cryoconservation, c'est-à-dire la conservation à basse température (– 196°C) de graines ou fragments de végétaux, un mode de conservation quasiment "éternel," d'après les scientifiques. On peut donc être rassuré, le patrimoine biologique tropical est bien conservé...



