Municipales 2026 : les grands perdants de ce premier tour

Au lendemain du premier tour des élections législatives, la tendance lourde a été le maintien des forces politiques en place, illustré par la réélection de 13 maires sur 24. Mais si ce scrutin a été l'occasion pour de nombreux maires sortants de consolider leur assise dans leur fief, d'autres y ont laissé des plumes, voire ont probablement mis un terme à leur carrière politique.
La fameuse expression de la “prime aux sortants” aura rarement été aussi vraie. Lors du premier tour des élections municipales, 13 maires sortants ont été réélus, parfois avec des scores qu'on ne retrouve que rarement hors de régimes autoritaires. Des succès qui consolident la main de ces élus sur leur commune et la confiance qu'ils ont obtenue de la population.
Évidemment, si certains se sont réveillés avec la tête encore pleine de bulles de champagne, ce sont leurs adversaires qui avaient la gueule de bois ce matin. Car pour certains, la défaite va probablement avoir des conséquences importantes pour la suite de leur carrière politique, si elle n'a tout simplement pas déjà pris fin en ce 15 mars 2026.
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À l’Est, la liste des grands perdants est aussi longue que celle des maires réélus dès le premier tour. Pour rappel, au sein des communes qui composent la Cirest, seuls les électeurs de Saint-André sont appelés de nouveau aux urnes ce dimanche.
Deux Virapoullé pour le prix d'un
Dans la plus grande ville de l’Est, les regards se tournent en premier vers Jean-Marie Virapoullé. L’ancien (et premier) président de la Cirest et vice-président du Département n’est arrivé qu’en troisième position ce dimanche, derrière son frère, dont il s’agissait pourtant de la première campagne municipale.
Un coup dur pour celui qui aura mené pendant six ans le combat de l’opposition face à Joé Bédier, comme il l’avait fait face à Éric Fruteau, et ce malgré une campagne très active. Pour Jean-Marie, il s'agit d'un second échec sous son nom aux municipales.
La dynamique a tourné au fur et à mesure en faveur de son frère, dont la campagne de terrain non-stop a porté ses fruits. Il est aussi soutenu par le Rassemblement national.
À l’expérience, les électeurs de droite ont peut-être préféré le “renouveau” que veut incarner le chef d’entreprise, jamais élu jusqu’alors.
Pour l’heure, pas de fumée blanche concernant un accord d’union ou non avec son frère dont pourrait dépendre en grande partie la possibilité de rebondir lors de prochains scrutins, à commencer par les élections départementales l'an prochain.
Le scrutin est aussi un revers pour Léopoldine Settama-Vidon. Si cette dernière avait passé la barre des 10% aux dernières législatives dans l'Est, elle ne passe pas celle des 5 % à Saint-André.
Pour l’ancien maire, Éric Fruteau, ce dernier n'a pas réussi à aller finalement au-delà de son score de 2020. Reste un socle électoral qu'il devrait tenter de fructifier lors des prochaines élections départementales et régionales.
Depuis la pyramide, Didier Robert traverse toujours le désert
Après sa défaite aux municipales de Saint-Denis en 2020, sa défaite aux régionales en 2021, l'ancien maire du Tampon vient de terminer 3e à Saint-Paul, avec 11,17 % des voix. Si sa décision de se maintenir lui donne un poids important pour le second tour, cette posture est loin, très loin, du statut d'homme fort de La Réunion qu'il avait il y a encore quelques années.
Lâché par de nombreux soutiens et empêtré dans des soucis judiciaires, sa décision de se présenter aux élections municipales à Saint-Paul demeure inexplicable. Le pari était risqué puisque c'est sa carrière politique qu'il mettait en jeu. Il a tenté de faire tapis sur une élection difficile, il semble avoir tout perdu... sauf peut-être sa détermination à revenir.
Hamilcaro n'aura pas mis le KO qu'il espérait
Bien qu'il veuille toujours frapper de grands coups, sa carrière politique est souvent dépendante de décisions judiciaires. Mais malgré ces déboires devant les tribunaux, Cyrille Hamilcaro n'hésite pas à se présenter devant les électeurs de Saint-Louis. C'est justement le renvoi de l'examen de son pourvoi en cassation au 25 mars pour l'affaire du “maire bis” qui lui a permis de se présenter.
Malheureusement pour lui, ce sont finalement les Saint-Louisiens qui l'ont sanctionné en réélisant Juliana M'Doihoma avec 55,29 % des voix. Une preuve que les habitants veulent définitivement tourner la page de l'ère des CH. Un constat amer, pour lui, avant la future décision judiciaire.
Le pari raté de Ratenon
A La Plaine, la conseillère régionale Amandine Ramaye ne franchit pas cette fois la barre des 5 %. Un coup de frein en vue des prochaines échéances électorales.
À Saint-Benoît, la liste est longue. À commencer par le député Jean-Hugues Ratenon, dont le pari de s’imposer dans la cité des eaux vives a tourné court. Il termine à plus de 8.500 voix de Patrice Selly !
Un échec qui pourrait laisser des traces au moment de se représenter (ou non) devant les électeurs à l’occasion des prochaines élections législatives.
Le résultat d’une campagne peut-être trop tournée vers l’attaque au détriment des propositions, selon les observateurs.
Alors qu’elle était investie par le Rassemblement national, Sabrina Ramin est l’autre grande perdante du scrutin à Saint-Benoît et dans l'Est. Arrivée en deuxième position en 2020 avec près de 2.500 voix, son compteur a chuté à un peu plus d’un millier de voix seulement ce dimanche (6,37 %).
Malgré Retailleau, René-Paul Victoria taille la droite dionysienne en pièces
Il espérait faire un retour à la mairie de la plus grande ville d'Outre-mer, il n'aura finalement que reçu la confirmation que sa carrière politique est derrière lui. Celui qui fut maire de Saint-Denis entre 2001 et 2008 n'aura obtenu que 7,50 % et aura été balayé, comme tous les autres candidats, par Ericka Bareigts.
Pire, sa candidature aura divisé le camp des Républicains (LR) à Saint-Denis, dont une partie a fait dissidence en se ralliant à Farid Mangrolia. Malgré le soutien de Bruno Retailleau, président des LR, les électeurs de droite semblent s'être tournés vers d'autres tendances ou candidats. À présent, c'est Gaëlle Lebon qui représente l'opposition municipale principale. Un retour semble à présent impossible.
Stéphane Fouassin n'est plus le chouchou de Salazie
Plusieurs anciens maires de la côte au vent perdent des plumes. C’est notamment le cas de Stéphane Fouassin, dont le candidat, Jimmy Armand, n’a pas dépassé la barre des 10 % de suffrages exprimés.
Les Salaziens ont semble-t-il sanctionné sa stratégie et ses paroles vis-à-vis de Sidoleine Papaya, qui a été réélue avec plus de voix que son ex-mentor en 2020.
On peut noter que plusieurs anciens maires ont tiré leur révérence politique à l’occasion de ces municipales, en décidant de ne pas mener de liste ou tout simplement de figurer comme colistiers : Daniel Gonthier à Bras-Panon, Bruno Mamindy-Pajany à Sainte-Rose ou Jean-Luc Saint-Lambert à la Plaine-des-Palmistes. Si lui était candidat au côté de Jean-Hugues Ratenon, on pense également à Philippe Le Constant, à Saint-Benoît.
Jean-Claude Lacouture connaît des temps salés
Aussi discret lorsqu'il était en fonction que dans l'opposition, Jean-Claude Lacouture n'avait plus donné signe de vie depuis sa défaite aux élections municipales anticipées de 2022 où il avait perdu au premier tour face à Mathieu Hoarau.
Finalement, celui qui a dirigé L'Étang-Salé pendant 25 ans a décidé de reconquérir la mairie. Malheureusement pour lui, la population a tourné la page en réélisant Mathieu Hoarau avec 65 % des suffrages exprimés.
Bachil Valy fait ses valises
Il fait également partie de ceux qui ont dû lâcher la mairie après un quart de siècle aux commandes. Alors qu'il était toujours parvenu à se défaire de tous ses opposants depuis 2001, Bachil Valy n'aura pas su convaincre à nouveau les électeurs qui lui ont préféré Camille Clain.
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Si l'horizon politique dans la commune n'est pas aussi sombre que pour d'autres cités précédemment, avec toujours une possibilité de revenir dans 6 ans, son poids politique sur l'île s'est considérablement effrité. Son choix d'avoir voulu être le représentant du macronisme à La Réunion risque de lui coller fortement à la peau.
Coup de frein ou coup d'arrêt ? En politique, il ne faut jamais dire jamais !


