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Municipales 2026 : le RN 974 "avance avec méthode" et prône une stratégie d’ouverture

Ecrit par S.I. – le vendredi 10 octobre 2025 à 06H40
Jean-Jacques-Morel aux côtés de Sébastien Chenu, député RN et vice-président de l'Assemblée nationale, en juillet 2024.

À quelques mois des municipales, le RN 974 veut transformer son début d'ancrage local en conquêtes électorales. Jean-Jacques Morel, son délégué départemental, mise sur la discipline, la structuration et l’union des droites pour s’imposer dans le paysage politique réunionnais.

À moins de six mois des élections municipales de 2026, le Rassemblement national s’organise à La Réunion dans un contexte politique national incertain. Alors que la démission du Premier ministre ouvre la voie à une possible dissolution de l’Assemblée nationale, le délégué départemental du RN 974, Jean-Jacques Morel, se veut confiant. Sans triomphalisme, il assure que son mouvement "avance avec méthode" et qu’il sera "présent partout où cela a du sens".

Quinze délégations communales actives et un mouvement en structuration

Sous la direction de Jean-Jacques Morel, une quinzaine de sections communales ont été constituées sur l’île. Certaines "fonctionnent plus ou moins bien", admet-il, mais le responsable se félicite de la dynamique engagée : "On sent que le courant passe. Le feeling est là. Et ça nous donne de l’espoir pour les échéances à venir".

Le RN 974 entend toutefois éviter toute précipitation dans la désignation de ses têtes de listes. Jean-Jacques Morel rappelle que la nomination d’un délégué communal ne vaut pas investiture : "Le RN est un parti ordonné, discipliné et raisonné. Ce n’est pas le cirque. On ne s’auto-investit pas", insiste-t-il, en référence à Saint-André, où le délégué local Jean-Michel Sautron s’est autoproclamé candidat sans validation du bureau départemental. 

Une situation que le responsable déplore : "Nous étions convenus de discussions avec d’autres personnalités locales, car Saint-André est une commune difficile, où la gauche est bien présente. Mais j’ai découvert son annonce dans la presse. Chacun est libre, mais l’ordre implique le respect. Si chacun s’autoproclame, ce sera la foire d’empoigne", tranche-t-il.

Une stratégie d’ouverture : listes RN et alliances à droite

Pour les municipales de 2026, le RN 974 mise sur une stratégie à deux volets : des listes estampillées Rassemblement national dans plusieurs communes et des listes d’ouverture destinées à élargir le socle électoral. L’objectif affiché : renforcer la présence du parti dans les communes dominées par la gauche, mais aussi éviter les divisions à droite.

"Nous ne cherchons pas à présenter des listes pour présenter des listes. Dans certaines communes, mieux vaut unir nos forces avec des partenaires partageant nos valeurs que partir seuls pour faire 5 %", explique Jean-Jacques Morel. Il rappelle que le RN n’est pas fermé aux alliances, à condition qu’elles reposent sur des projets communs. "Les partis de gauche, le Parti communiste et le Parti socialiste en tête, ont longtemps su s’allier malgré leurs divergences. Pourquoi la droite ne pourrait-elle pas le faire ? C’est l’union qui fait la force", martèle-t-il.

Parmi les communes stratégiques, Le Tampon occupe une place particulière. Le député RN Joseph Rivière, élu dans la 3e circonscription, réfléchit à un possible engagement municipal. "Joseph Rivière est un élu de qualité, très apprécié, qui fait un travail remarquable. Est-ce qu’il ira au Tampon ? Peut-être. Nous discutons ensemble. La question est de savoir s’il faut rassembler nos voix au premier tour ou s’allier au maire sortant Patrice Thien-Ah-Koon. Rien n’est arrêté", confie Jean-Jacques Morel, qui rappelle que "l’enjeu est d’empêcher la commune de basculer à l'extrême-gauche". Même logique à Saint-Pierre, avec le maire sortant David Lorion. "On se parle. Maintenant, qu'est-ce qu'on décidera ? Je ne le sais pas encore, mais on ne s'interdit rien, dans la mesure où on respecte nos valeurs républicaines. Ou, au contraire, les blocages peuvent venir aussi de nos propres militants au RN. Je ne décide pas tout seul. Je décide en collégialité", maintient Jean-Jacques Morel. 

À Saint-Denis, la tête de liste RN est déjà connue : Jean-Max Nativel, ancien proche de Gilbert Annette, incarnera la liste du parti. Des discussions ont néanmoins eu lieu avec René-Paul Victoria, candidat déclaré en attente de l'investiture LR. "Grand bien lui fasse, mais chacun suivra son chemin", note Jean-Jacques Morel.

À l’Est : convergences politiques avec Laurent Virapoullé et Sabrina Ramin

Les communes de l’Est suscitent une attention particulière. À Saint-André, le RN 974 entretient des discussions avancées avec Laurent Virapoullé, et à Saint-Benoît, des contacts existent avec Sabrina Ramin. "Le mariage n’a pas été officialisé à l’église, mais on parle le même langage", assure Jean-Jacques Morel. "L’idée, c’est de bâtir des alliances capables de ramener à droite ces deux grandes villes. Dans chaque cas, la tête de liste garde son autonomie, mais nous partageons des valeurs communes", ajoute-t-il.

Face aux critiques sur la nature de ces rapprochements, le délégué RN relativise : "Près d’un tiers de nos adhérents viennent de la gauche. Ce qui compte, ce n’est pas d’où l’on vient, mais où l’on va."

Le RN 974 s’apprête à officialiser ses premières têtes de liste. Ce dimanche 12 octobre, Lise-May Turpin annoncera sa candidature à Bras-Panon. Le 19 octobre, Harold Fontaine fera de même à Petite-Île. D’autres candidatures sont déjà confirmées : Jean-Max Nativel à Saint-Denis, Jean-Yves Morel à Saint-Paul, et bien sûr Johnny Payet, maire sortant, à la Plaine-des-Palmistes.

Jean-Jacques Morel revendique un travail de fond mené depuis plusieurs mois. "Nous avons désormais une permanence, une quinzaine de délégués communaux, une visibilité médiatique, et surtout une crédibilité politique. Beaucoup de choses ont été faites par mes prédécesseurs à une époque où il était difficile d’assumer son appartenance au RN. Aujourd’hui, les lignes bougent", insiste le délégué départemental.

L'antenne locale du RN, qui revendique 216.000 électeurs à La Réunion, se veut confiant pour l’avenir : "Le RN 974 n’est pas un parti d’élus, nous ne sommes que quatre, mais c’est un parti d’électeurs. Et l’enjeu, c’est de faire en sorte que demain, le verre soit un peu plus grand, pour que davantage de Réunionnais accèdent à des responsabilités grâce au Rassemblement national."

En cas de législatives : "quasi prêts"

La préparation du RN 974 se fait aussi dans la perspective d’une possible dissolution de l’Assemblée nationale. Jean-Jacques Morel assure que son mouvement "ne serait pas pris au dépourvu". "Si des législatives anticipées surviennent, elles deviendront prioritaires. Nous sommes quasi prêts. Nous nous appuierons sur les sections communales que nous avons développées. L’objectif est d’envoyer davantage de députés réunionnais au Palais Bourbon", explique-t-il. 

Pour le délégué du RN, la montée en puissance du mouvement à La Réunion n’est plus une hypothèse. "En six mois, nous avons bâti une organisation solide, formé une nouvelle génération de militants et posé les bases d’un enracinement durable. Désormais, il s’agit de transformer cet élan en victoires électorales", conclut-il. 

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