Mouvement de contestation à Bois Blanc, un enchaînement des consciences

Une nouvelle chaîne humaine est prévue de se tenir ce dimanche 9 septembre 2018 et pourtant hier encore les commissaires enquêteurs ont rendu un avis favorable à l'exploitation de la carrière de Bois Blanc sans émettre de réserve particulière.
Soyons maintenant honnête avec les citoyens, mais avant cela, je vais me présenter (c’est la moindre des choses, bien que l’anonymat partiel soit de circonstance dans ces périodes troubles, et j’en sais quelque chose).
Je suis bien dans mes bottes, pas de dette particulière auprès de l’administration fiscale, marié depuis peu, diplômé depuis maintenant 8 ans, j’ai enchainé quelques CDD avant de recevoir l’opportunité de me poser un peu. Je vous vois déjà venir, non je ne suis pas un nanti, et oui mon compte est souvent à découvert à partir du 10 du mois… la vrai vie quoi.
Disposant d’une volonté (ou inversement ? lol) je me suis penché il y’a quelques années sur le fameux dossier de la carrière de Bois-Blanc. Jeunesse aidant, je me suis rapidement laissé prendre au jeu des contestataire non sans un certain plaisir…
Mon oncle et ma tante étant riverains Saint-Leusiens et plutôt âgés, je voulais à mon tour contribuer à leur bien être, j’imaginais à l’époque mes deux zarboutan crouler sous la poussière et ne plus pouvoir vivre.
De fil en aiguille, en parallèle de mon parcours contestataire, j’ai voulu me faire une opinion propre et personnelle sur le sujet (en effet, je n’allais pas prendre le risque de laisser mourir mon oncle et ma tante sans me bouger un peu lol).
Je voulais également consulter des personnes un peu plus neutres sur le sujet. En effet, quelques médecins m’expliquait lors de nos rencontres contestataires que la poussière dégagée par la carrière provoquerait des maladies pas vraiment sympa chez les habitants (j'ai appris par la suite que ces 3 médecins étaient des riverains et que leurs arguments tenait plus de l’extrapolation cataclysmique que d’une étude sérieuse…).
J’ai ainsi pu découvrir que ce projet de carrière n’était pas comparable au carrières des années 1930-1950, et que des normes draconiennes et plutôt rassurantes régissaient la mise en place des carrières du 21ème siècle.
Non ! Mon oncle et ma tante n’allaient pas mourir empoussiérés. D’ailleurs, en parlant de ça, lorsque j’ai osé discuter de ce sujet avec mes nouveaux amis contestataires, j’ai vite compris que le vrai problème à leurs yeux n’était pas vraiment là.
Nos réunions accueillaient assez souvent des "politiciens", je me réjouissais au début de cette attention particulière pour nous, citoyens ! Mais j’ai compris un peu tardivement que mes nouveaux amis m’avaient caché une partie de leurs intentions.
"Tu verras, on va créer une ZAD comme à Notre Dame des Landes, on va leur mettre au cul aux dominants, la cause n’est pas la plus importante, ce qui compte c’est la lutte". Je crois que cette phrase prononcée par celui que je croyais être un nouvel ami fut déterminante dans ma façon d’appréhender Bois Blanc…
… Tout prenait un nouveau sens, les charitables élus s’appuyaient sur les contestations de quelques notables propriétaires du coin, contestations relayées à coup de "fake news" sur une base contestataire prenant la forme d’une base militante.
Ce combat n’était pas le combat du peuple, il n’y avait aucun blocage de l’Etat, les conditions du projet réunissaient les conditions sanitaires nécessaires et pourtant… Nous étions là, dans l’instrumentalisation de la masse par les quelques propriétaires (j’ai appris par la suite que certains anciens dirigeants politiques habitaient dans la zone, et possédaient pas mal de terrains qu’ils souhaitaient rendre constructibles).
Nous n’étions plus dans la défense d’une juste cause, mais bien dans une sorte de servitude organisée par un petit groupe possédant de gros intérêt financier et politique. Ils n’hésitaient pas à mettre en scène des enfants, des mères de famille en les alimentant de fausses informations tenant plus d’une propagande d’un autre temps, c’était grossier, gros doigt comme me le rappelle aujourd’hui mon oncle.
Cette carrière pour laquelle un avis favorable a été re-rendu hier, peut même être un vecteur d’emploi et contribuer à l’alimentation en matière première de nombreux autres chantier que celui de la nouvelle route du littoral, mais cela, mes anciens amis les contestataires, bien que conscients de la nécessité de ce bol d’oxygène ne vous le diront jamais.
Je regarderai donc d’un œil conscient et amusé, la fameuse chaîne humaine prévue ce dimanche, elle aura pour moi un goût de campagne politique pour les candidats à l’élection législative de la 7ième circonscription, qui n’ont pas fini de nous prendre pour des larbins. Qu’ils soient maintenant appelés les enchaîneurs de conscience, et je vous recommande de ne pas rester très près de leurs filets.


