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Motion de censure : le gouvernement Bayrou maintenu par le RN

Ecrit par N.P. – le mercredi 15 janvier 2025 à 16H08
Photo Pierre Marchal Anakaopress

Sauf revirement de situation, la motion de censure des Insoumis ne devrait pas renverser le gouvernement de François Bayrou, jeudi à l'Assemblée nationale. La cheffe des députés RN Marine Le Pen n'a pas prévu d'appuyer la manœuvre, préférant faire œuvre de sens tactique.

Même s'ils ne manquent pas une occasion d'écorner l'image de François Bayrou, les députés du Rassemblement national devraient lui accorder un sursis à la tête du gouvernement, ce jeudi 16 janvier, à l'occasion du vote de la motion de censure déposée par les Insoumis, les Écologistes et le Parti communiste.

Alors que son discours de politique générale n'a guère suscité d'enthousiasme, y compris au sein de son propre camp, le Premier ministre a assuré l'essentiel, en donnant des gages à l'extrême-droite pour se garantir un avenir. Pour autant, les remarques acerbes ne l'ont pas épargné.

« Ce centriste de la première heure, premier et dernier artisan de la Macronie nous a fait un panégyrique du en même temps . Selon lui, il faut accueillir de l’immigration, mais pas trop ; il faut aider les Outre-mer, mais pas trop ; il faut réformer les retraites, mais pas trop ; il faut continuer l’Europe, mais pas trop. Et la litanie peut s’appliquer à tous les sujets », a ainsi raillé le député RN de La Réunion Joseph Rivière.

Lire aussi : Ce qu'il faut retenir de la déclaration de politique générale de François Bayrou

Mais pour Marine Le Pen, le timing ne semble pas être encore le bon pour actionner le levier du siège éjectable de François Bayrou. Trop tôt. Après avoir soutenu la motion de censure de la gauche contre Michel Barnier, la finaliste des deux derniers duels à l'élection présidentielle (en 2017 et 2022) ne veut pas effrayer l'électorat traditionnel de la droite, un cœur de cible qu'elle doit continuer à séduire pour conquérir l’Élysée.

Le parti socialiste en roue libre

« Au terme d’un discours lénifiant, François Bayrou a démontré qu’il n’était pas l’homme de la rupture, mais celui de la continuité molle, du bavardage et de la concertation “sans fin” », a commenté sur le réseau X Jordan Bardella, avant de demander à François Bayrou de mettre au pas son ministre François Rebsamen, coupable d'avoir déclaré sur BFM-TV qu'il respectait « toutes les forces politiques sauf le RN. »

Il faut croire que l'agenda du président du RN n'est pas celui de Marine Le Pen, à qui il a succédé à la tête du parti familial d'extrême-droite en 2022.

Probablement aimanté par les promesses d'un François Bayrou tentant de ménager la chèvre et le chou, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure avait un temps laissé entendre que son parti ne devrait pas s'associer à une motion de censure du gouvernement.

Le fait que le budget de l'ancien premier ministre Michel Barnier soit repris comme socle de travail par François Bayrou, avec un maintien de la réforme des retraites et une réduction du déficit de la France de 21 milliards d'euros, semble avoir fini par éteindre l'espoir de certains éléphants du PS de pouvoir se rallier au gouvernement.

Selon Le Monde, les députés du PS se réuniront en fin de journée, après la séance de questions au gouvernement, pour définir leur position face à la motion de censure portée par les Insoumis, les Écologistes et le Parti communiste. En plus d'avoir maintenu en vie son gouvernement, François Bayrou pourra se satisfaire d'avoir semé la division dans les rangs de l'ex-Nouveau front populaire.

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