Mois des visibilités : Damian, se battre pour être soi-même

Enfant placé, confié aux services de l’aide à l’enfance, Damian s’est longtemps battu pour faire valoir son genre et mettre en accord son esprit et son corps. “J’avais besoin de vêtements masculins et on m’en a empêché. Je me demandais pourquoi j’en avais tant besoin et au moment où j’ai mis des mots dessus, je n’ai pas été soutenu par les services de l’aide sociale à l’enfance”, dénonce-t-il.
Incompris en famille d’accueil, victime de transphobie en foyer, Damian obtient un peu de soutien auprès de ses amis du lycée mais le rejet vécu hors de cette sphère a engendré de nombreux traumatismes.
“Dans ma famille d’accueil c'était vraiment l’avis des autres qui était bien plus important que moi, mon bien-être, et au foyer ça a été 'et bien non, on ne t’appellera pas comme ça tant qu’il n’y a rien sur ta pièce d’identité. Non, va voir des médecins, on ne peut pas gérer ça, on ne veut pas s’engager là-dedans. Vis ta vie et vois ça après'”, relate le jeune homme avant de poursuivre : " Heureusement, les jeunes du foyer m'appelaient Damian et me considéraient comme l’homme que je suis .
Profondément marqué par cette période, aujourd’hui en situation de précarité, Damian a beaucoup de mal à se tourner vers les services sociaux. “Je m’en suis totalement écarté et je suis même une thérapie pour me relever de ce que j’ai vécu là-bas”.
Avec le recul, il reconnaît une part de méconnaissance pour certains des éducateurs qu’il a croisés, mais pour d’autres, “c'était tout simplement de la malveillance”, assure-t-il.
Outre le soutien de quelques amis du Lycée, Damian a trouvé du répit en contactant l’association Orizon, qui a su l’accompagner à l’époque et qui l’accompagne encore aujourd'hui. “Orizon est une famille maintenant, et m’a donné le cadre que je n’ai pas eu en tant que personne placée et en tant que personne très isolée”.
Toujours sur le chemin d’un meilleur accord entre son corps et son esprit, Damian veut rappeler que la transidentité ne vient pas d’ailleurs et qu’elle a toujours existé.


