Mobilisation devant le CHU de Saint-Denis ce matin

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 50 millions d'euros de dettes auxquels s'ajoutent désormais 37 millions de cotisations non réglées à la Sécurité sociale. La situation financière du Centre hospitalier universitaire (CHU) de La Réunion apparaît désastreuse et les syndicats s'accordent à dire, au même titre que la présidente de la Région Réunion Huguette Bello, que c'est l'Etat qui a creusé une grande partie du trou dans les caisses en ne compensant pas les dépenses liées à l'activité des hôpitaux de Saint-Denis et de Saint-Pierre.

Après une ultime réunion la semaine dernière avec l'ARS, considérée comme infructueuse, l'intersyndicale santé (FO, UNSA, CGTR, CFDT, CFTC) du CHU appelle à la grève illimitée à compter de ce jeudi matin. La première action prévue consiste en une distribution de tracts dès 5h30 aux deux entrées du CHU de Saint-Denis à Bellepierre afin de faire connaître les revendications auprès du plus grand nombre.
Déficit du CHU : Les syndicats annoncent une grève illimitée
Les automobilistes doivent s'attendre à des conséquences sur la circulation au cours de la matinée, les ralentissements pouvant s'étendre jusqu'au boulevard Sud voisin. Une opération similaire est prévue ce matin à l'entrée du CHU de Saint-Pierre, à Terre-Sainte.
Mais la plus grosse opération est programmée pour demain vendredi avec la mobilisation des personnels des deux établissements pour une distribution de tracts à Saint-Denis, avec un point de rendez-vous qui ne sera pas le CHU de Bellepierre...
« Notre demande est assez simple, on veut que l'Etat prenne ses responsabilités et comble ce déficit. Il y a des missions particulières au CHU qu'on ne retrouve pas ailleurs, comme les Evasan (évacuations sanitaires) que nous accueillons mais que l'Etat ne prend plus en charge. Après la crise Covid, toutes les dotations ne sont pas arrivées, sans parler du coefficient géographique qui est trop faible », résume Sanel Hamzic, infirmier anesthésiste au CHU et syndicaliste Unsa.
« 37 millions pour le handicap, c'est juste un rattrapage »
« C'est dingue que ce soit aux agents hospitaliers de se battre pour avoir les moyens de travailler et de préserver la qualité de soins. La population doit en prendre conscience, si rien n'est fait c'est la continuité des soins qui est en jeu. Tout le monde peut faire le constat qu'on n'est pas très nombreux à bosser aux urgences, et que si on joue sur les effectifs on court un risque », poursuit Sanel Hamzic.
« On doit 37 millions d'euros à la Sécu, vous y croyez ? Eux font une cavalerie budgétaire, donc ils disent que ça ne fait pas 87 millions de déficit parce qu'ils provisionnent la dépense et qu'ils s'arrangent avec la Sécurité sociale pour ne pas avoir à payer de pénalités sur la dette, mais c'est quand même un signe de mauvaise santé du CHU », observe pour sa part Expédit Lock-Fat, secrétaire départemental CFDT Santé.
Le syndicaliste n'attend rien de la visite de Fadila Khattabi, ministre déléguée chargée des personnes handicapées, attendue aujourd'hui dans l'île pour des annonces fortes. « 37 millions pour le handicap, c'est juste un rattrapage : on a été oublié pendant longtemps par l'Etat. Encore heureux qu'elle ne vienne pas les mains vides, cela fait longtemps qu'elle est attendue. Mais elle ne va rien annoncer pour les hôpitaux », commente Expedit Lock-Fat.


