Revenir à la rubrique : Faits divers

Meurtre de La Convenance : « Vanina était la joie de vivre, elle voulait être libre »

Le procès de Ridaï-Mdallah Mari, accusé du meurtre épouvantable de la jeune Vanina Galais à son domicile de Sainte-Marie en mai 2018, s'est ouvert ce lundi devant la cour d'assises.

Ecrit par 2181159 – le lundi 31 janvier 2022 à 20H32

C’est un homme au physique bien différent de celui de 2018 qui s’est avancé dans le box des accusés après l’installation des jurés, ce lundi après-midi.

Le trentenaire a pris une bonne vingtaine de kilos. Il porte une barbe longue qui dépasse de son masque blanc. Son tee-shirt assorti lui descend jusqu’aux genoux. Un peu plus tôt, un convoi exceptionnel a quitté la maison d’arrêt de Domenjod. Un véhicule de l’administration pénitentiaire suivi de près par un fourgon de police et escorté par des motards a déboulé toutes sirènes hurlantes dans la rue Juliette Dodu. Il faut dire que le comportement de Ridaï Mari est imprévisible et qu’il s’est en déjà pris aux officiers qui ont croisé son triste chemin.

Mais ce lundi, le mis en cause est calme. Il parcourt régulièrement la salle d’audience de son regard noir et fixe tour à tour ceux qui sont venus assister à son procès.

Une dignité exemplaire

Assise non loin de lui, la mère de Vanina vêtue d’une jupe de cuir noire et d’un haut bleu ciel n’a pas un seul regard pour lui. Sollicitée par le président de la cour, elle s’avance en premier à la barre. D’une dignité exemplaire, elle décrit le caractère de sa cadette toujours plongée dans les livres. Vanina avait évoqué sa rencontre avec Ridaï Mari, dans le centre-ville de Saint-Denis où il vendait des tee-shirt à la sauvette. Elle l’appelait « le Mahorais » et disait « qu’il était gentil », raconte sa mère sans même une inflexion dans la voix. « Elle voulait réussir dans la vie. Et elle aimait que les autres réussissent aussi ».

« Il était gentil »

Empathique, Vanina s’est prise d’amitié, ou peut-être plus, personne ne le saura jamais, pour le trentenaire né à Mayotte en 1988. Après deux rencontres, il l’avait invitée chez lui, dans son petit logement de La Convenance qu’il occupait seul. Ridaï Mari a donné plusieurs versions concernant son mobile. Fier d’avoir une petite amie réunionnaise, il se serait senti trahi puisqu’elle ne voulait pas de lui. Mais vraisemblablement qu’il se faisait des idées sur les désirs de Vanina. En attestent de nombreux SMS échangés où Vanina est accusée de l’avoir trompé alors que la jeune fille ne comprend pas à quoi il fait allusion.

Une étudiante en médecine à qui l’avenir souriait

17 coups de couteau plus tard, dont sept dans le dos, Ridaï Mari a éviscéré la jeune fille et jeté ses organes dans la cuvette des toilettes avant de tout nettoyer et de s’y retrancher pour attendre les gendarmes qu’il avait lui-même prévenus vers minuit : « je viens de tuer ma copine parce qu’elle m’a trahi ».

A l’arrivée du GIGN, l’assassin présumé tenait des propos incohérents. « Il parlait de la Syrie, puis du Bataclan puis psalmodiait en mahorais », détaille le directeur de l’enquête invité à témoigner devant la cour. Ce dernier évoque « le courant alternatif » pour décrire l’accusé lors de sa garde à vue. « Il est capable de s’adapter aux circonstances et aux interlocuteurs », explique le lieutenant. Parfois lucide, souvent farfelu et incohérent, Ridaï Mari sait manipuler son auditoire. Lors d’une logorrhée verbale sans queue ni tête, il a brièvement donné ce lundi la mesure de son personnage.

Ce mardi matin, il aura la parole ainsi que les experts qui se sont succédé pour l’examiner.

Thèmes :
Message fin article

Avez-vous aimé cet article ?

Partagez-le sans tarder sur les réseaux sociaux, abonnez-vous à notre Newsletter,
et restez à l'affût de nos dernières actualités en nous suivant sur Google Actualités.

Pour accéder à nos articles en continu, voici notre flux RSS : https://www.zinfos974.com/feed
Une meilleure expérience de lecture !
nous suggérons l'utilisation de Feedly.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Dans la même rubrique

Indemnités de logement : Didier Robert poursuivi pour concussion et prise illégale d’intérêts

Didier Robert, toujours sous enquête pour des indemnités de résidence perçues entre 2016 et 2019, potentiellement supérieures à son loyer devra en répondre prochainement devant le tribunal correctionnel. Après une condamnation en 2021 pour abus de biens sociaux et une relaxe en 2024 pour l’affaire des emplois de cabinet, c’est la troisième comparution pénale pour l’ancien président de la Région Réunion. Une information Zinfos974.

Un homme violenté puis séquestré dans le coffre de sa voiture

Un homme de 30 ans comparaissait ce lundi dans le cadre de la comparution immédiate pour des faits de séquestration et de violences. La victime a reçu une ITT de 60 jours. Tout est parti du témoignage d’un chauffeur-livreur qui a assisté à la scène d’enlèvement en pleine rue.

Perquisition à la Région : Le dispositif d’aides aux entreprises Acacias dans le viseur du PNF

Une perquisition menée par le parquet national financier est en cours actuellement à la direction de l’économie de la Région. Elle serait menée dans le cadre d’une enquête qui concernerait le dispositif Acacias, un dispositif qui a permis à des entreprises de bénéficier d’aides pendant la période du Covid. Des fonds publics régionaux qui auraient été distribués sans que les sociétés puissent prouver avoir réellement utilisé cet argent autrement que pour leur trésorerie.

Ste-Marie : Contrôle d’ampleur sur la RD 51 suite aux deux accidents mortels

Une opération de contrôle routier de grande ampleur a été effectuée ce mardi par la compagnie de gendarmerie de Saint-Benoit sur la RD 51 dans le secteur de Bagatelle suite aux dramatiques accidents survenus les 1ᵉʳ juillet et 5 juillet dernier dans lesquels trois personnes ont perdu la vie. Pendant près de deux heures, les militaires ont relevé bons nombres d’infractions, dont deux particulièrement graves.