Meurtre de Dominique Talbot : Mathis Blaya condamné à 25 ans de prison

Troisième et dernier jour de procès dans le meurtre de Dominique Talbot. Après une prise de parole de sa famille proche, l'heure était aux plaidoiries et au réquisitoire. Les jurés ont rendu leur verdict : Mathis Blaya est condamné à 25 ans de prison.
Épilogue d'un long procès ce mercredi 29 octobre à la cour d'assises de Saint-Denis. La matinée a été divisée en deux temps : la prise de parole de son fils et de ses petits-enfants, puis la cour a écouté les plaidoiries des avocats, ainsi que les réquisitions de l'avocat général.
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Maître Jean-Jacques Morel, représentant la partie civile, a entamé son plaidoyer en rappelant la nuit des faits : Mathis Blaya pénétrant dans la maison de Dominique Talbot, pensant à un vol facile. Toutefois, son chemin croise celui de la propriétaire des lieux, et s'ensuit le drame. "Il aurait pu simplement fuir, quitte à la bousculer", déplore la robe noire. Il met en exergue les différences de poids et de taille de l'accusé et de la victime.
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La robe noire souligne l'évidence d'un crime crapuleux, soutenu par le fait que le jeune homme souhaitait dérober de l'argent ou une carte bancaire.
La question du meurtre aggravé
L'avocat général a livré un réquisitoire long et détaillé sur un point : la question du meurtre aggravé. Initialement poursuivi pour un meurtre "simple" et un vol, le magistrat se dit insatisfait de cette qualification. Selon lui, plusieurs points peuvent tendre vers un "meurtre aggravé", qui fait encourir à Mathis Blaya une peine de prison à perpétuité.
Si l’on exclut le meurtre commis avant le délit de vol, étant donné qu'il est établi que le jeune homme était initialement venu pour un cambriolage, l'acte aurait pu être perpétré pour couvrir la fuite du tueur, voire favoriser son impunité.
Deux hypothèses qui caractériseraient une circonstance aggravante. D'après le ministère public, le passage à l'acte de Mathis Blaya s'explique par le fait d'avoir été surpris par la victime. Connaissant déjà un différend avec elle (quelques mois plus tôt, Dominique Talbot avait déposé plainte pour vol à son encontre), l'homme aurait voulu la faire taire.
De plus, l'absorption reconnue de stupéfiants précédant la nuit du meurtre constitue là aussi une aggravation dans le degré de meurtre. En ce sens, l'avocat général requiert une peine de 30 ans de réclusion criminelle, assortie d'une période de sûreté de 20 ans et d'un suivi socio-judiciaire de 10 ans avec injonction de soins.
L'avocat de Mathis Blaya n'a pas la même lecture des faits que le ministère public. Maître Sébastien Navarro explique que le passage à l'acte est dû à une accumulation chez l'accusé. Il reprend les dires des experts, comparant à un volcan qui, après avoir accumulé, explose. La circonstance de meurtre aggravé n'est donc, pour lui, pas justifiée.
La robe noire fait valoir aux jurés la jeunesse de l'accusé et son potentiel de réinsertion dans la société. Ainsi, il doit être jugé pour les faits, mais il faut aussi penser à l'avenir, en lui permettant de préparer une sortie de détention.
En larmes tout au long de la plaidoirie de son avocat, Mathis Blaya, 25 ans, a demandé une nouvelle fois pardon à la famille de la victime, balbutiant qu'il "ne s'en remettrait jamais".
Après plus de deux heures de délibération, la cour d'assises rend son verdict : Mathis Blaya est reconnu coupable de meurtre aggravé sous l'emprise de stupéfiants, il écope de 25 ans de prison et de 3 ans de suivi socio-judiciaire.


