Mayotte : Un collectif anti-immigration bloque le siège de la Cimade

Ce n'est pas la première fois que l'association est prise pour cible, mais un tel blocage pendant un mois est une première. En décembre, les femmes qui interdisent l'accès aux locaux avaient reçu la visite et le soutien de Marine Le Pen.
A l'origine, le collectif, hérité du mouvement social de 2018, reproche à la Cimade un recours formulé contre une opération de décasage prévue à Combani, dans le centre de l'île. La justice avait donné raison au groupement associatif "Migrants Outre Mer", reconnaissant que la préfecture n'avait pas prévu de relogements suffisants pour les futurs décasés, et invalidant de ce fait l'arrêté "loi Elan" qui prévoyait une démolition de grande ampleur dans le bidonville en question.
"A noter que les personnes concernées par un possible décasage n'étaient pas forcément étrangères. La Cimade n'a pas agi pour une catégorie de personnes, mais pour des personnes précarisées dont on allait attenter aux droits fondamentaux du logement. Donc des personnes françaises ont bien été défendues dans ce quartier", défend Elodie Auzole, directrice régionale, jointe par téléphone à La Réunion. Et de défendre l'action de l'association. "Quand on régularise et que les gens ont les droits minimaux que sont les droits à l'hébergement, un minimum d'allocations pour se nourrir et se vêtir, ça coûte bien moins cher à la société" plaide-t-elle.
"Le message est clair, la Cimade est à Mayotte et compte bien y rester", poursuit-elle. Les militants qui ont pris la Cimade pour cible comptent bien, eux, bouter l'association hors de Mayotte. La Cimade compte désormais sur une action en justice portée par son siège national, pour mettre fin au bras-de-fer.
Yohann Deleu


