Mayotte : Il tente d'écraser un gendarme et prend une balle et 4 ans ferme

Cinq gendarmes, deux départementaux et trois mobiles, se positionnent à 20h20 sur la route de Tsimkoura, entre Bandrélé et Bouéni, au sud de Mayotte. Une voiture se présente alors. Transportant des Comoriens en situation irrégulière et pas moins de 50 cartouches de cigarette de contrebande, elle tente d'échapper au contrôle, accélérant en direction d'un gendarme mobile.
Ce dernier saute sur le capot. "Soit je passais au dessus de la voiture, soit je passais en dessous", explique à la barre le militaire qui s'est constitué partie civile. Coincé sur le capot, le gendarme réalise que la voiture ne s'arrête pas.
A l'intérieur, les passagers somment le chauffeur de s'arrêter. Selon eux, il aurait refusé, déterminé à tuer le militaire. Lui assure que le frein ne marchait pas.
Reste que pour le militaire, une seule solution s'imposait. En étoile sur le capot d'une voiture qui zigzaguait pour le faire tomber, il sort son arme et fait feu à quatre reprises vers le chauffeur qui s'en sort légèrement blessé.
"La seule solution pour arrêter cette voiture était de toucher le conducteur", assure le gendarme à la barre. "Ça fait froid dans le dos", commente la présidente d'audience.
Pour le substitut du procureur, le chauffeur a "fait un choix", celui de faire "abstraction d'une vie". Il va jusqu'à parler d'acte "monstrueux" et requiert 5 ans ferme, avec mandat de dépôt. "Vous avez voulu jouer, vous allez perdre", promet le ministère public au chauffard.
Du côté de la défense, on estime que le prévenu, en larme lors de la plaidoirie, a "tout simplement perdu ses moyens" et "confondu les pédales" sous l'effet du stress.
Une version qui ne convainc pas le tribunal. Quatre ans ferme sont prononcés, avec incarcération immédiate, cinq ans d'interdiction de territoire français et une provision de 800€ pour le gendarme blessé, en attendant une future audience sur intérêts civils.
Yohann Deleu, avec M.J.


