Maurice Gironcel : "Mon objectif ? Gagner dès le premier tour"

Zinfos974 : En 2012, lorsque vous êtes revenus aux affaires, vous aviez promis de "remettre de l'ordre" dans la mairie de Sainte-Suzanne. Pour vous, quel était l'héritage de Yolande Pausé et de Daniel Alamélou ?
Maurice Gironcel : Tout d'abord, je vous rappelle que nous avons été élus avec ces mêmes personnes en 2008 sur un programme pour 2008-2014. Les aléas de la vie ont fait que j'ai été absent de la vie politique pendant près de trois ans et ils ont assuré l'intérim (Maurice Gironcel a été condamné à des peines d'inéligibilité, ndlr).
En 2012, logiquement, je leur demande de respecter la parole qu'ils avaient donnée et de remettre la balle au centre. Ils ont refusé et il y a eu une élection partielle étant donné que beaucoup de mes colistiers ont tenu parole et démissionné. En 2012, quand je suis revenu, beaucoup de projets avaient été, soit abandonnés, soit ajournés pour diverses raisons, très tacticiennes ou politiciennes. J'ai constaté également qu'ils avaient augmenté les impôts de 10% pendant mon absence, alors que je n'avais jamais fait de telles propositions. Il a fallu relancer de nombreux projets. Aujourd'hui, ils le sont.
Dans votre programme, en 2012, vous disiez vouloir augmenter le nombre de logements, créer des Zones d'activité économique, construire le pont de l'entrée de ville ou encore développer l'économie sociale et solidaire. Où en est-on deux ans plus tard ?
Toute la commune de Sainte-Suzanne est en chantier. La Zac entrée de ville a été mise en oeuvre, le chantier est lancé. La zone de Quartier Français et ses friches industrielles sont en train d'être rénovées. Le projet de centre culturel à Quartier Français, qui avait également été abandonné, a été relancé au niveau de la Cinor. Nous avons également fait en sorte que le chantier du Stade en eaux vives se termine.
D'autres chantiers sont en cours : les équipements sportifs à Bagatelle, sur la Marine, au centre-ville. Sur le social, mes adversaires, ont cassé une association. J'ai donc été amené à remettre en place le tissu associatif avec à la clé, sur deux ans, plus de 1.000 emplois aidés pour la population.
Vos détracteurs, et notamment Daniel Alamélou, vous reprochent d'avoir quasiment doublé la dette par habitant depuis 2012. Celle-ci serait passée de 800 euros à près de 2.000 euros. Mais aussi d'avoir augmenter les impôts. Que répondez-vous à ces critiques ?
Ça me fait beaucoup sourire ! Ce sont des mensonges. C'est faux, complètement faux et archi-faux. Concernant la dette par habitant, elle a diminué en 2012 et 2013, alors qu'elle avait augmentée en 2009 et 2010. La dette par habitant est en dessous de 900 euros, contrairement à ce qu'il dit. Où il a eu le chiffre de 2.000 euros ? Il a inventé un chiffre, c'est tout ! Nous sommes en dessous de la moyenne nationale de la dette par habitant, donc ces chiffres sont complètement farfelus.
Concernant l'augmentation des impôts, c'est lui qui les a augmentés de 10% en 2010/2011, ce n'est pas mon équipe actuelle. Il ne faut pas qu'il se défausse. Il préfère faire de la gesticulation plutôt que d'argumenter projet contre projet.
La nomination de Gilles Leperlier à la médiathèque fait également polémique. Qu'avez-vous à dire à la dessus?
Il y a ceux qui font de la gesticulation et ceux qui agissent. Je dis "honte" à ces politiciens de bas niveau qui emploient de telles méthodes et qui mettent les travailleurs contre les travailleurs. On doit se féliciter que quelqu'un trouve un travail. Concernant la nomination de Gilles Leperlier à la médiathèque, il y a un poste qui s'est libéré. Il était en poste à mon cabinet (à la Cinor, ndlr). On a fait un lancement de candidature en interne. Il a postulé. Il avait, et je fais confiance à mes services, toutes les compétences requises pour occuper ce poste. Et c'est tout naturellement qu'on a embauché un Réunionnais. Posez également la question à l'autre (Daniel Alamélou, également vice-président du Conseil général, ndlr) et vous verrez qu'il est bien ennuyé concernant le futur ou la future directrice qu'il devrait recruter au foyer de l'enfance de Sainte-Suzanne, un métropolitain.
Passons aux projets. Avec quel programme allez-vous vous présenter devant les électeurs ?
Notre projet sera rendu public autour du 20 février. Un projet doit être partagé par la population. Nous ne pouvons pas le faire dans un bureau climatisé, ce n'est pas notre style. Nous avons fait cinq séminaires avec une centaine de militants et de nombreuses réunions avec des comités citoyens. C'est un projet qui va répondre aux attentes de la population.
Dans le domaine de l'aménagement du territoire, nous allons engager la poursuite des zones d'activité d'entrée de ville, à la Marine et à Quartier Français. C'est très important, parce qu'elles vont créer de l'emploi et de l'activité. Il s'agit de faire en sorte que les entreprises viennent sur notre territoire et ensuite, celles-ci créeront de l'emploi. Je vois des programmes où il y a des promesses de création de milliers d'emploi. C'est de la foutaise ! Tant que le gouvernement ne mettra pas en place une politique de relance de l'activité et du pouvoir d'achat nous n'aurons pas la croissance. Il fait dire la vérité à la population. Nous voulons aussi assurer la poursuite du logement social sur notre commune ou encore créer un bassin de baignade dans la commune.
Et le chantier du radier de Sainte-Suzanne, où en est-il ?
Tout est bouclé. Les travaux commenceront au deuxième semestre 2014 pour être terminés en 2015. A l'époque (où Paul Vergès était président de la Région, ndlr) nous avions travaillé sur un projet qui intégrait la programmation d'un futur tram-train. Nous avions donc prévu pour ce futur pont un axe ferroviaire. Or, ce projet a été abandonné par la Région en 2010. On a dû repartir de zéro. Le projet est relancé et intègre les transports de modes doux.
Vous dîtes vouloir construire une liste de rassemblement. Avec quelles forces politiques ?
Cette liste, on y travaille. C'est une liste de rassemblement qui va bien au-delà du PCR. Il y aura bien sûr le PCR, mais aussi Eddy Adékalom et le mouvement du Pacte, des membres de la société civile. Nous avons également rencontrer la fédération socialiste. Il a été décidé qu'au premier tour, chacun défendra ses couleurs. Nous verrons ensuite au second tour. Mais mon objectif, c'est de gagner les élections dès le premier tour.
On parle également d'une possible alliance avec le LPA de Thierry Robert...
Actuellement, nous sommes toujours en discussion. Il y a effectivement eu des accords entre le PCR et le LPA au Tampon et à Bras-Panon, notamment.
Concrètement, est-il possible qu'il y ait quelques membres du LPA sur votre liste ?
Pour le moment, c'est encore prématuré pour le dire.
En cas d'accord avec le LPA, ne craignez-vous pas que cela brouille votre socle d'électeurs traditionnel?
Celui qui conduit la liste doit rassembler. Le LPA se définit peut-être comme centriste mais également comme un parti réunionnais. C'est important de le souligner.
Selon-vous, le fait d'avoir soutenu François Hollande lors des présidentielles peut-il être un désavantage lors des prochaines élections municipales, vu l'impopularité de l'actuel gouvernement ?
En politique, il n'y a pas de regrets, il y a des constats. Le candidat François Hollande, quand il était venu à la Réunion, avait pris des engagements vis à vis des Réunionnais et du PCR. Aujourd'hui, ces engagements ne sont pas mis en œuvre. Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Nous continuons à agir pour qu'enfin le programme et les engagements qu'il avait pris se mettent en œuvre le plus rapidement possible.
Au deuxième tour, serait-il envisageable de tendre la main à des adversaires politiques comme Daniel Alamélou (PLR) ou Aline Murin-Hoareau (Objectif Réunion), qui figuraient jadis dans le même camp politique ?
Aujourd'hui je suis dans l'objectif de gagner au premier tour, avec mon équipe. En 2008, on a gagné à plus de 60% face à six candidatures. Là, nous avons en face de nous trois candidatures, dont deux qui sont plus des traitres que des opposants. Ils n'ont pas respecté la parole donnée. La population n'aime pas ceux qui tournent en fonction du vent. Quelqu'un (Aline Murin Hoareau, ndlr) a quitté à l'époque Nadia Ramassamy, a rejoint ensuite l'Alliance, le PCR et repart ensuite vers Objectif Réunion. L'autre (Daniel Alamélou, ndlr) a été au départ apolitique, ensuite il est venu avec nous, puis est reparti avec PLR, ceux qui ont trahi le PCR... Je crois que la population va savoir faire la part des choses. En politique, ce qui compte le plus, c'est le respect de la parole donnée, le respect des engagements, droit dans les yeux.


