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Madame La Ministre, S.O.S. DENGUE

Zinfos choisit de mettre en avant un courrier des lecteurs. Cet internaute, qui souhaite rester anonyme, s'adresse à la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, actuellement en visite à La Réunion. "Je souhaiterais garder l’anonymat mais souhaite vous faire part de mon histoire. Histoire douloureuse qui remonte à Janvier 2006 avec la disparition de ma grand-mère victime du chikungunya", relate-t-il.
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 25 octobre 2018 à 10H28

Madame La Ministre, votre première rencontre ce jeudi 25 octobre 2018 est consacrée à l‘épidémie de DENGUE à La Réunion.
 
Permettez-moi de vous apporter certainement une version différente de ce que vous allez entendre de la part des professionnels qui gèrent cet épisode, j’ai nommé l’ARS.
 
Je souhaiterais garder l’anonymat mais souhaite vous faire part de mon histoire. Histoire douloureuse qui remonte à Janvier 2006 avec la disparition de ma grand-mère victime du chikungunya.

Depuis ce décès j’ai passé le concours de la fonction publique pour intégrer une collectivité en lien avec l’environnement et la santé.
 
Depuis cette date je me suis renseigné, j’ai lu tous les rapports sur la gestion de l’épidémie, les erreurs des uns et des autres, j’ai suivi de près les interventions de l’Etat, des services de l’ARS, de la Cire.
 
J’ai essayé de comprendre pourquoi ma grand-mère était décédée, qui était responsable ? Qui n’avait pas fait ce qu’il fallait alors même que tout était présent pour éviter l’ampleur de la situation : 250 à 270 morts, 266.000 personnes atteintes.
 
Un premier épisode entre mars et juin 2005 (totalement négligé), une prise de conscience entre juillet et septembre 2005 (en souhaitant une élimination des moustiques par la période hivernale) mais en octobre 2005, le constat devenait évident "La transmission virale n'est pas interrompue et on peut considérer qu'elle se maintient à un niveau épidémique faible mais stable depuis maintenant plusieurs semaines", selon la Cire.
 
Il faut attendre la visite des ministres pour s’entendre dire en octobre 2005.
 
 « La reprise de l'épidémie est inévitable » déclaraient les ministres venus dans l'île faire le point sur la maladie.
 
Il y a 13 ans, à même période, après visite des ministres les autorités locales redoutaient désormais que l'épidémie explose à nouveau à l'arrivée de l'été austral (décembre-mars) mais sans pour autant apporter les bonnes réponses, les bonnes solutions car le pic de l’épidémie devait être malheureusement constate entre le 6 et 12 février 2006 avec le bilan que nous connaissons.
 
Madame la Ministre, je peux vous écrire des pages et des pages sur l’histoire du chikugunya et des manquements des personnes qui en assuraient la gestion avec le plus souvent des actions très préjudiciable pour notre environnement, notre biodiversité avec les premières victimes, les abeilles, nos lézards, caméléons.
 
Madame la Ministre, 13 ans après nous reprenons le même chemin avec les mêmes erreurs du passé. Nous ne traitons pas le mal par le bon bout avec une différence de taille pour cette épisode le manque de moyens pour faire face à l’épidémie.

Oui car le vrai problème n’est pas de tuer le moustique mais bien d’interrompre le cycle de reproduction (une ponte 100 à 400 œufs, des œufs très résistants qui se développent très rapidement aux premières pluies.
 
Madame la Ministre, pour notre biodiversité il faut éviter les opérations de démoustication mais bien privilégier la destruction des gîtes larvaires. A ce jour, ce n’est pas l’option prise, ce n’est pas les actions que nous pouvons vérifier sur le terrain.

Toutes les personnes concernées vous diront autour de la table ce jeudi matin faire le maximum de ce qu’elles peuvent faire mais le manque de moyens pour éliminer les gites larvaires sur le terrain est le vrai souci.
 
Manque de moyens au niveau des collectivités pour assurer la salubrité minimale, trop de dépôts sauvages, trop de gîtes larvaires. Il faut traiter le problème à la source avant que l’épidémie se développe.
 
Madame la Ministre, ce n’est pas en injectant des pesticides tous les soirs que nous allons détruire les moustiques. Vous en tuerez mais vous allez détruire la biodiversité.
 
Il ne faut pas avoir peur de reconnaitre que la diminution des contrats aidés au niveau des collectivités est un grand handicap dans la lutte contre les moustiques.

Ne pas prendre les bonnes mesures aujourd’hui et vouloir croire que le nécessaire est mise en place pour lutter efficacement sera la même erreur d’octobre 2005 et je n’espère pas vous donner rendez-vous en février 2019 avec un pic d’épidémie.
 
Madame la Ministre, j’espère que d’autres personnes partageront comme moi le constat, que des personnes pourront comme moi vous le dire en toute responsabilité.

Je pense que la presse dispose aujourd’hui de toutes les situations de 2005 et 2006 pour vous aider à comprendre que nous ne pouvons, nous permettre une 2ème crise sanitaire.
 
Madame la Ministre, je tiens à vous remercier pour votre écoute en hommage à ma grand-mère mais surtout pour sauver les grands parents qui ne demandent qu’à vivre un peu plus chaque jour pour leurs petits-enfants.
 
Madame la Ministre, c’est un vrai SOS que je vous lance.

Merci.

 

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