Loi Duplomb sur l'agriculture : la motion de rejet adoptée, LFI dépose une motion de censure

L'examen de la proposition de loi Duplomb a finalement été rejeté ce lundi 26 mai par l'Assemblée nationale, par un stratagème de la droite et du centre, pourtant partisans du texte. “Face à ce déni de démocratie", la France Insoumise annonce déposer une motion de censure.
La proposition de loi agricole, dite loi Duplomb, n’a pas pu être examinée ce lundi 26 mai à l’Assemblée nationale. Une motion de rejet préalable a été votée par les groupes de droite et du centre, pourtant favorables au texte. Une stratégie parlementaire destinée à contrer les quelque 3.000 amendements déposés par La France Insoumise et les écologistes.
Face à cette manœuvre, LFI a immédiatement annoncé le dépôt d’une motion de censure. “Face à ce déni de démocratie, la France Insoumise annonce déposer une motion de censure”, a-t-elle déclaré dans la foulée.
Le texte, défendu par Julien Dive (Les Républicains), visait selon son rapporteur à “lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur”. Il prévoit notamment la réintroduction de l’acétamipride, un pesticide de la famille des néonicotinoïdes interdit depuis 2020, mais aussi des mesures facilitant la construction de bâtiments d’élevage intensif et le stockage de l’eau.
Un passage devant la commission mixte paritaire
Cette orientation a vivement fait réagir les députés de gauche. “Au lieu de répondre à la détresse des agriculteurs exploités par les multinationales et appauvris par les traités de libre-échange : le Gouvernement, allié aux Républicains et avec le soutien de l'extrême-droite, veut réintroduire des néonicotinoïdes tueurs d'abeille”, dénonce Perceval Gaillard, député LFI de La Réunion.
La loi Duplomb devra désormais passer par la commission mixte paritaire composée de sept députés et sept sénateurs. Dans cette configuration, la droite et le centre y sont majoritaires.
“Face à ce déni démocratique inédit sous la 5ème République et à un danger majeur pour la santé publique, nous allons déposer une motion de censure et appelons d'ores et déjà l'ensemble des député.e.s socialistes, écologistes et communistes à la voter”, a ajouté Perceval Gaillard.
Dans le même temps, des milliers d’agriculteurs ont manifesté ce lundi 26 mai devant l’Assemblée nationale en soutien au texte.


