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Logement insalubre : elle ne supporte plus de voir son voisin handicapé vivre avec les rats, les moustiques et dans les excréments

En 20 ans, Brigitte n'a eu de cesse d'alerter les autorités sur les conditions de vie de son voisin souffrant d'un handicap mental. Les amas de déchets accumulés vont bientôt atteindre le toit de sa maison à La Ravine des Cabris. “J'appréhende l'été qui arrive, c'est invivable”, se désespère-t-elle.
Ecrit par Prisca Bigot – le mercredi 2 octobre 2024 à 15H14
Le voisin de Brigitte vit depuis des années dans des conditions inacceptables

En arrivant chez Brigitte, au bout d'une impasse à la Ravine des Cabris, difficile de croire qu'une personne vit dans la maison d'à côté. Les herbes et les amas de déchets en tout genre ont envahi la cour de son voisin. Les volets de la petite case sont fermés, les lieux ont l'air abandonnés. Mais à y regarder de plus près, un genou dépasse d'une sorte de ti boukan en face de la maison. “C'est plutôt là où il fait ses besoins”, précise Brigitte. L'homme d'une cinquantaine d'années vit dans un logement insalubre. Il ne semble avoir ni sanitaire, ni salle de bain, mais également pas d'eau courante ni électricité.

Il y a 20 ans, Brigitte, mère célibataire avec trois enfants, a acheté et fait construire son petit nid. “Il a fallu que je remplace quatre tonnes de déchets par quatre tonnes de terre”, se rappelle-t-elle. À côté de chez elle, son voisin a continué à accumuler les déchets. “Un tas d'immondices atteint le toit de sa maison”, s'indigne Brigitte.

La cour "grouille de toutes sortes d'animaux"

Un habitat insalubre qui est devenu un refuge pour "les rats, les moustiques et toutes sortes de bestiole”, s'emporte Brigitte, ancienne boulangère.

Odeur et nuisibles ne s'arrêtant pas au mur de Brigitte, cette dernière ne profite guère plus de son jardin joliment aménagé et s'est même installée au rez-de-chaussée de sa maison. Sa chambre donne sur la maison de son voisin. “Alors que je pourrais avoir une jolie vue sur la montagne, j'ai cette cour qui grouille de toutes sortes d'animaux et qui est devenue une décharge”, se désespère-t-elle. "Une fois en 20 ans, je l'ai vu vider cinq brouettes d'ordures". 

Brigitte a tenté en vain, assure-t-elle, d'alerter la famille de son voisin qui habite à proximité immédiate, mais aussi les autorités. “Il refuse systématiquement qu'on lui vienne en aide”, livre sa voisine.

Maltraitance humaine

L'homme souffre visiblement de ces conditions de vie insalubre et Brigitte souffre avec lui. “À chaque pleine lune, il fait le loup-garou”, a-t-elle qualifié cette période durant laquelle son voisin, en crise, ressasse ses traumatismes ou crie quand il se fait mordre par les rats.

"Il y a environ cinq ans, j'ai appelé les pompiers. Il y avait ce matin-là une odeur plus forte que d'habitude. J'ai cru qu'il était mort. J'ai dû convaincre les pompiers qu'il y avait bien quelqu'un qui habitait là. L'un deux est parvenu à entrer dans la cour et a marché en plein dans le trou qui lui sert de toilettes. Il est ressorti avec de la merde jusqu'en haut de la botte”. Ce jour-là, les forces de l'ordre ont été appelées, mais ne se sont pas déplacées, raconte l'affligeante situation Brigitte.

Avec l'été qui arrive, las de retrouver des cadavres de rats dans son jardin, des odeurs qui remontent, Brigitte remue ciel et terre pour faire cesser cette situation. “C'est de la maltraitance humaine et tout le monde se renvoie la balle. Je ne supporte plus cette situation. Je suis malade. Je fais de l'emphysème, j'ai des nodules au poumon, ce n'est plus possible”, alerte Brigitte.

Une demande d'aide sans effet

Contacté, le directeur du CCAS de Saint-Pierre confirme qu'une demande avait été lancée en 2017 pour cet allocataire de l'AAH. Pour autant, aucune suite n'avait été donnée à ce lancement de procédure.

Une équipe du centre social a été dépêchée en urgence sur place ce mardi 1er octobre. "La suite dépendra de l'évaluation de la situation. Nous devons aussi déterminer s'il est placé sous tutelle. Une hospitalisation sous contrainte est effectivement une mesure qui peut être mise en place. La situation demande beaucoup d'accompagnement. Nous avons les outils, mais le chemin sinueux peut nous ramener au point de départ", se garde de donner de faux espoirs le directeur du CCAS de St-Pierre. Après vérifications des services sociaux, il s'avère que l'homme de 57 ans est placé sous tutelle de sa sœur. "Nous cherchons à la joindre dans le but de trouver la solution la plus adaptée. Son autorisation est nécessaire avant toute hospitalisation", indiquent ce mercredi les équipes du CCAS de St-Pierre.

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