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L'illustrateur Hippolyte accusé de violences conjugales en marge de la sortie de la BD sur le procès Pélicot

Ecrit par Thierry Lauret – le mardi 9 septembre 2025 à 18H28

L'illustrateur Hippolyte a été accusé publiquement de violences conjugales par son ex-compagne Flore Baudry, en marge de la sortie d'une BD événement sur le procès des viols de Mazan. L'éditeur de l'ouvrage a décidé de cesser sa campagne de communication, tandis qu'Hippolyte a répliqué par une plainte.

« Se taire (en pensant se protéger) revient finalement à cautionner. J'ai été victime ». C'est par ces mots forts que débute le témoignage publié le 29 août sur Instagram par Flore Baudry, dans lequel elle dénonce des violences subies de la part de son ancien compagnon Hippolyte, un auteur de BD-reportage réputé résidant de longue date à La Réunion.

C'est à l'occasion de la sortie de la bande dessinée intitulée Notre affaire, une BD de combat et d'espoir, qui décrypte l'impact sociétal de l'affaire Pélicot à travers le procès des viols de Mazan, que Flore Baudry a réagi sur les réseaux sociaux. Elle confie alors « tomber des nues » en découvrant qu'Hippolyte figure parmi les prestigieux illustrateurs retenus par l'éditeur L'Iconoclaste afin d'éclairer les faits autour de l'affaire de violences sexuelles la plus emblématique de ces dernières années.

Âgée de 43 ans, responsable de relations publiques dans l'île, elle relate que les violences physiques et psychologiques se seraient produites il y a une dizaine d'années, donnant lieu à une plainte de sa part en 2015 qui sera classée sans suite. Le même sort que subira celle déposée contre elle par l'illustrateur à la même période, comme l'indique le site actualitté.com.

« Nous nous sommes sentis trahis de ne pas être au courant »

Les éditions L'Iconoclaste ont réagi rapidement dans un communiqué publié sur Instagram, en soulignant tout ignorer des « violences graves » décrites par Flore Baudry. « Nous nous sommes sentis trahis de ne pas être au courant. Je parle au nom du collectif. Comment Hippolyte a-t-il pu ne pas nous parler de cette plainte ? Nous, on ne condamne pas, ce n’est pas notre rôle, mais c’est bien de jouer la transparence dans ces moments-là. Tout cela met en péril un collectif d’une trentaine de personnes qui a mené un travail énorme », font valoir les éditions L’Iconoclaste, jointes au téléphone par Zinfos974.

Selon l’éditeur de Notre Affaire, une BD de combat et d‘espoir, l’écrivain et journaliste Mathieu Palain [à l’origine de l’ouvrage avec la journaliste du Parisien Louise Colcombet] « a passé un week-end à se faire attaquer ad hominem sur les réseaux sociaux. Depuis une semaine, on doit tous se justifier du fait qu’on ne savait pas. On s’est fait épingler par MeeTooBD, cela a été assez violent pour le collectif de découvrir cette histoire sur un post Instagram. C’est la seule chose dont on est sûr, le reste c’est qu’on a entendu deux personnes qui souffraient et que cela montre à quel point ces questions nous concernent tous. »

«  Je ne peux pas me justifier de quelque chose qui n’existe pas »

Par le biais d'un communiqué publié sur le réseau LinkedIn par son avocate Me Noémie Saidi-Cottier, le dessinateur a fait savoir qu'il contestait « avec la plus grande fermeté » les accusation formulées par Flore Baudry. L'avocate du barreau de Paris formule en outre la décision de l'illustrateur de porter plainte pour diffamation et atteinte à la présomption d'innocence.

Hippolyte, qui ne s'était pas exprimé publiquement depuis la prise de parole de Flore Baudry, nous a fait parvenir, en réponse à notre demande, un texte que nous publions in extenso.

« Ces accusations sont à l’inverse de la décision de classement rendue, de la vérité et de mon intégrité, des valeurs et des combats que j’ai toujours défendus dans ma vie et dans mon travail de reporter, sur tous les combats que j’ai menés pour le droit et la parole donnée à ceux qui n’en ont pas.

Je ne peux pas me justifier de quelque chose qui n’existe pas.

Dans cette affaire vieille de dix ans, je réfute toute violence à l'encontre de mon ex compagne. J'ai porté plainte contre elle car c'est elle qui est venue chez moi, alcoolisée, pour en découdre. Je n'ai évidemment pas répondu violemment ce soir-là. J'ai été traumatisé par l'agression que j’ai subie à mon domicile, j'ai contacté la police avant qu'elle ne dépose plainte pour me venir en aide, et j’aurais aimé que la justice réponde autrement à ma plainte. Elle a classé l’affaire, je ne reviendrai pas dessus. La justice a également classé sa plainte, et pour cause, je n'ai jamais été violent donc il n'y avait aucun élément.

Par contre, je sais pourquoi j’ai participé à ce livre autour de Gisèle Pélicot, parce que les violences au sein du couple sont un fléau et parce que j’en ai été victime moi-même, même si je suis bien conscient que les femmes sont les premières victimes de ces violences intolérables, et que je crois à ce combat-là, à la victoire de la vérité et à la force du droit, qui ne peut être dévoyée, illustrée par l'affaire de Mazan.

Aujourd’hui, j’ai le droit à la justice. Je n'ai aucun antécédent violent et, à part cette femme avec laquelle j'ai eu un contentieux, je n'ai jamais été accusé de quoi que ce soit. Mes droits sont bafoués, des accusations sans fondement portées à la réponse de mon éditeur, en passant par les médias.

Ce qui arrive est terrifiant, et au delà de mon cas personnel, la violence du tribunal public nous concerne tous et toutes.

Depuis toujours, je sais pourquoi je me tiens debout, avec mon intégrité, sans crier avec les loups. »

Sollicitée par Zinfos974, Flore Baudry ne renie rien de sa démarche, laquelle a suscité de multiples réactions de soutien autour d'elle, et provoqué aussi plusieurs sujets dans les médias nationaux. Mais elle confie avoir en retour été exposée à « tout un pan très négatif » et indique choisir, « pour se protéger », de ne momentanément plus communiquer avec la presse, en suivant les recommandations de l'avocat qu'elle a engagé après l'annonce des plaintes d'Hippolyte à son encontre.

« Pour l'instant, la peur ne change pas de camp », constate Flore Baudry.

Etiquettes : Viols de Mazan

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