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Lettre de Saint-Paul aux Réunionnais

Ecrit par zinfos974 – le lundi 16 mars 2015 à 21H14

Chers amis, la campagne électorale bat son plein, les voitures sonos sillonnent les quartiers, les réunions s’enchainent, c’est le temps de l’espérance, demain sera peut être meilleur.
Un ami candidat m’a invité à sa réunion publique, sur place, la sono débitait un séga, les sympathisants étaient présents, l’ambiance était bonne, les gens tapaient dans leurs mains, d’autres discutaient, ils étaient tous là, debout, pleins d'espoir.

Soudain, une agitation, quelques voitures, voilà le candidat, celui qu’ils attendaient, celui pour lequel ils vont voter, lui accorder leurs confiances pour 6 ans. Le premier orateur prend la parole sous les applaudissements, je n’écoutais plus, je me parlais à moi-même, je me posais des questions. Combien parmi cette foule ne travaillaient pas ? Combien attendaient un logement ? Combien vivaient du RSA ? Chaque semaine, je reçois un certain nombre de nos concitoyens et connaissant la situation financière de nos collectivités, les difficultés de nos entreprises, je dis alors, oh! mon Dieu! viens à notre aide, aidez-nous à nous entendre, à trouver une solution pour tous ces gens qui sont présents ici ce soir, pour la Réunion …

Voilà, bientôt 4 ans, que je me bat, que j’interpelle les représentants de l’état sur la situation de nos chômeurs, de nos jeunes, de nos ainés retraités isolés qui vivent dans la misère. Je quémande, je supplie, je me fais jeter, on m'humilie, je me rabaisse, mais, je ne lâche rien, je m’accroche à ceux qui ont le pouvoir, les politiques, les acteurs économiques, pour une aide d’urgence ou encore pour décrocher un contrat pour les plus fragiles qui viennent me voir. Je ne suis ni élu ni candidat, et je ne souhaite pas être, une seconde à leurs places. Peut-on rester insensible aux souffrances de ceux qui nous entourent?

De plus, dans les médias, il y a cette info 74 000 emplois détruits en France en 2014 dans le secteur marchand, je cherche un coupable, un nom, un visage impossible dans ma tête tout est confus, embrouillé, j’entends même plus le discours du deuxième orateur, ma mémoire remonte au 21 avril 2002 Jospin battu par le front national au 1er tour et pourtant la France n’allait pas si mal à cette époque, tous les pays industriels ont connu l'effet "an 2000" avec sa formidable croissance, le bilan de Jospin était très positif, jamais un gouvernement n'a présenté un tel bilan en fin de mandat, jamais un Premier ministre à fait la totalité d'une mandature:

Tous les comptes sociaux étaient équilibrés ou excédentaires y compris les caisses de retraite ainsi que la balance de nos échanges le chômage avait baissé comme il n'a jamais baissé depuis 30 ans, et l’activité économique de la France était la meilleure des pays européens.

Mais nous les Français, nous n’avons pas voulu entendre le mot réforme, alors même qu’il fallait profiter de cette embellie conjoncturelle internationale pour réformer.
Je me dis c’était la faute du gouvernement de l’époque pas assez courageux, les syndicats qui menaçaient de faire grève, nous les citoyens nous avons cru que la fête allait durer, comme les paroles de cette prière "c’est ma faute, c’est ma très grande faute, c’est pourquoi je supplie… ", je supplie qui?

Je supplie tous les élus de notre Département de s'assoir autour d’une table sur un véritable projet pour la réunion. Tout est encore possible, un tonner d’applaudissement me ramène dans le meeting, le maire arrive on applaudi la sono est à fond, j’ai un pressentiment, j’appréhende de ce qu’il va dire que va-t-il raconté? il prend le micro, il dit sa joie d’être la ce soir malgré son emploi du temps bien chargé, me voilà rassuré…et tout à coup il lâche un chiffre que la plupart des gens n’ont même pas fait attention, 400 logements prévus cette année alors que la demande s’élève a plus de 7000. Lui le maire, il est en première ligne, sur le front, il sait les conséquences de cette négligence de l’état, il sait que le pire est devant nous, il appelle les électeurs à se mobiliser pour faire réagir le gouvernement, nos parlementaires.

Je retombe dans mes pensées, je revois cette dame que j’ai reçu ce matin même, qui dorme dans sa voiture avec son bébé, de cette famille mahoraise qui vit dans des conditions indignes d’un pays tel que la France ou encore ce dossier 24 personnes entassées dans un 3 pièces. Tous s’enchainent dans ma tête le chômage, le mal de vivre de ce jeune de 26 ans qui me parle du suicide, d’un monde meilleur, de cette mère qui travaille et n’arrive plus à joindre les deux bouts étranglé par les impôts.

Mes chers amis quand les sonos se seront tu, quand les élus seront en place le défi à relever sera énorme et la tache difficile, mais pas impossible. Quant à notre collectif nous continuerons à lutter pour une société plus juste et humaine, nous n’aurons pas d’autre choix que la révolution.

Georges POTOLA (donald)fondateur du collectif BAC+974

 

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