L’État veut liquider la Croix Marine et créer une autre structure en 2025

« La directrice de la DEETS Damienne Verguin nous a dit les yeux dans les yeux qu'il n'y a pas eu d'offre de reprise officielle et que la Croix Marine sera bien liquidée, idéalement en septembre. On nous a annoncé qu'il y aura un appel d'offres en 2025, mais sur le plan national, pour la création d'une nouvelle structure d'activité de mandataire judiciaire», résumait hier le syndicaliste CFDT Yannick Galais, au sortir d'une entrevue à la Direction du Travail avec des élus du CSE de la Croix Marine.
Les services de l’État confirment ainsi leur volonté de liquider l'association, en proie à de nouvelles accusations de vol et d'escroquerie, en faisant payer le prix fort à l'ensemble des salariés dont la réputation demeurera entachée. Les 1.500 mesures judiciaires de tutelle ou de curatelle dont la Croix Marine avait la responsabilité devront donc être diluées pour être absorbées par d'autres structures de la place, alors même que celles-ci peineraient déjà à gérer leur portefeuille actuel.
« Aucun appel d’offres n'a été fait. Au contraire, la DEETS a découragé fermement les structures voulant nous reprendre en se dépêchant de transférer les mesures [de protection des majeurs]. Nous avons à ce jour pléthore de majeurs en souffrance et de partenaires qui nous appellent », proteste une salariée, pour qui les dés étaient pipés d'avance.
Alors que l'Inspection du travail a rappelé l'administratrice provisoire de la Croix Marine à ses devoirs, la DEETS (Direction de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités) a confirmé hier la mise en œuvre d'un plan de sauvegarde l'emploi (PSE). Des licenciements qui auraient pu être évités par des reclassements selon les élus du CSE et l'intersyndicale CFDT – CFE CGC – UR974.
« C’était d’autant plus facile à la DEETS de respecter cette obligation de reclassement qu’elle est responsable de la prise en charge des mesures, de l’organisation, du fonctionnement des associations et de leur financement et qu’il lui suffisait d’organiser, en même temps que le transfert des majeurs, celui des contrats de travail des salariés en charge de leur dossier », observe encore cette salariée.
Toujours selon les syndicats et le CSE de la Croix Marine, des salariés ayant demandé la suspension de leur contrat pour pouvoir travailler ailleurs, en attendant d'être licenciés, auraient essuyé un refus de la part de l'administratrice provisoire de la structure au motif « qu’il convient d’ assurer la continuité du service. »


