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Les vraies questions sur Air Austral : Qui a-t-elle servi ? Et qui va-t-elle servir ?

A la Réunion, à propos d’Air Austral, vue de l’extérieur, chacun peut s’extasier sur cette belle compagnie peï ! Quelle belle réussite ! Oui certes, mais par qui et pour qui ? Dans une île où nous avons aujourd’hui plus de 130.000 chômeurs – et ça ne cesse d’augmenter -, plus de 110.000 illettrés – […]

Ecrit par Antoine Franco – le lundi 27 septembre 2010 à 14H55

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A la Réunion, à propos d’Air Austral, vue de l’extérieur, chacun peut s’extasier sur cette belle compagnie peï ! Quelle belle réussite ! Oui certes, mais par qui et pour qui ?

Dans une île où nous avons aujourd’hui plus de 130.000 chômeurs – et ça ne cesse d’augmenter -, plus de 110.000 illettrés – et ça ne diminue pas -, plus de 30.000 demandeurs de logements – et ça ne cesse d’augmenter -, 52% vivant sous le seuil de pauvreté – et ça ne diminue pas -, quel a été le rôle d’Air Austral et quels intérêts a-t-elle servis depuis sa création en 1981 ? Voilà une bonne question qui amène les citoyens à s’interroger sur le rôle d’une compagnie aérienne, surtout quand elle se veut « réunionnaise » ?

Massivement dotée en capital sur des fonds publics, d’Air France Finances ( quand elle était nationale ), puis de la région et du conseil général, Air Austral, cette société privée, dirigée par des politiques, Pierre Lagourgue, Ibrahim Dindar, Paul Vergès, Roger Hoareau, à l’origine, puis Paul Vergès ces 12 dernières années, a permis la main-mise, par PDG docile interposé, de disputer à l’ex-compagnie nationale, Air France, les « clefs du ciel », véritable main-mise politicienne sur l’économie et sur les hommes.

Le népotisme qui sévissait à la région s’est très largement étendu à la compagnie abusivement qualifiée de régionale. Les dirigeants se sont en famille enrichis de la prospérité d’une entreprise dont les coûts, abusivement prohibitifs sans contrôles, entrainaient et entrainent des prix « parmi les plus chers du monde ». Cette politique tarifaire de prix très élevés, si elle assure la certitude d’une bonne santé financière pour les politiques, constitue un véritable verrou pour l’accès à l’avion d’une grande majorité de Réunionnais, freinant toute possibilité de continuité territoriale pour tous, mais aussi limitant fortement le tourisme tant affinitaire que commercial.
A l’essor exceptionnel de la compagnie Air Austral au service de ses dirigeants, ne convenait-il pas mieux l’essor du développement de toute la Réunion et celui de son tourisme ?

Lanzarotte, aux Canaries, une petite île de 845 km² et de 141 000 habitants, a reçu en 2008 sur l’aéroport international de Arreccife 35 compagnies aériennes et 5 438 178 passagers.

En privilégiant leur compagnie les dirigeants et les politiques de la Réunion ont avant tout répondu à leurs intérêts économiques, financiers, politiciens, et non pas à l’intérêt général des 820.000 Réunionnais et des 200.000 émigrés. Si la Réunion qui importe 94% de tous ses besoins et ne génère que 500 millions € d’export pour 12.000 millions € d’import, recevait 35 compagnies aériennes et accueillait 2 ou 3 millions de touristes, au lieu de se « nombriliser » sur leur compagnie Air Austral, il est évident que le problème de l’emploi, des revenus, des investissements seraient résolus.

Etait-ce la volonté des ex-élus de la région ? Non d’évidence ! Est-ce la volonté des nouveaux élus ? Cela reste à voir !

Antoine Franco président de Coll’Air

 

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