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Les syndicats alertent sur une crise systémique du secteur médico-social

Ecrit par T.L. – le jeudi 9 avril 2026 à 15H59

En marge de la tenue de l’AG de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne (FEHAP), l’intersyndicale CFDT – CGTR – FO – CFTC a manifesté pour une revalorisation du point d’indice, figé depuis 2002 selon elle. En France, le secteur du médico-social bat tous les records du nombre d’arrêts maladie.

Ils seraient environ 10.000 à La Réunion à travailler dans le médico-social, pour la plupart des agents avec un statut de fonctionnaire assimilé. Mais ce sont loin d’être tous des privilégiés, clarifie une aide à domicile interrogée ce jeudi 9 avril, en marge d’une manifestation de l’intersyndicale « Santé Sociaux » constituée par la CFDT, la CGTR, FO et la CFTC.

Le mouvement de grève n’a rassemblé qu’une vingtaine de personnes réunies devant l’hôtel Créolia à Saint-Denis, là où se tenait au même moment l’assemblée générale de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne (FEHAP), en présence de la présidente nationale de l’association Marie-Sophie Dessaule.

Un point d'indice figé« depuis 2002 »

La veille, cette dernière avait reçu les leaders syndicaux, leur exposant qu’elle ne disposait d’aucun pouvoir de décision sur leurs revendications. Celles-ci portent sur des revalorisations salariales s’appuyant sur les excédants budgétaires des associations qui les emploient, le paiement de l’ensemble des heures supplémentaires, la préservation de la majoration de 20% du salaire de base, la création d’une commission de dialogue financier pour la transparence budgétaire en lien avec l’ARS et le Département, la mise en place d’un plan d’urgence pour la santé au travail et l’ouverture du dialogue social avec les représentants de la FEHAP, sous la médiation de la direction du Travail.

Les syndicats soulignent que le point d’indice des agents « n’a pas été augmenté depuis 2002 » et comparent leurs salaires à ceux, dignes d'un ministre, attribués à certains postes de direction dans les associations qui les emploient. Des associations qui, à La Réunion, disposent souvent d’un important patrimoine foncier et qui se lancent même dans l’immobilier afin de diversifier leurs sources de revenus.

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« Nous sommes loin du modèle associatif, mais à la limite pourquoi pas, si cela bénéficie aux patients et aux salariés. Mais c’est loin d’être le cas », assurent des manifestants, qui clament que leur profession peine à séduire les jeunes en raison des horaires à rallonge et des maigres possibilités de progression.

Des records d'arrêts maladie dans le médico-social

Marie-Sophie Dessaule, la présidente nationale de la FEHAP, en convient : le nombre d’accidents du travail et de maladies professionnelles demeure alarmant dans le médico-social en France. Selon elle, il y aurait plus d‘arrêts maladie dans ce secteur que dans le bâtiment ou les hôpitaux. C’est dire.

« Cela nous interpelle parce que nous devons une qualité de vie au travail à nos professionnels. Ils travaillent chez nous, nous devons préserver leur santé. Nous savons également que les absences, cela perturbe le fonctionnement des équipes de façon importante », déplore Marie-Sophie Dessaule, en relevant que ces arrêts maladie induisent une charge de travail supplémentaire, des problèmes organisationnels et des coûts financiers.

La présidente de la FEHAP semble beaucoup miser sur les négociations qu’elle mène pour la création d’une convention collective unique dans la profession, même s’il « n’y a pas d’accord possible avec les partenaires sociaux actuellement » selon elle.

L'augmentation des salaires pas à l'ordre du jour

« Pourquoi c'est difficile aujourd'hui d'avoir des accords au niveau de la convention collective unique ? C'est parce que la demande principale des professionnels et des organismes syndicaux, c'est une revalorisation des salaires », expose Marie-Sophie Dessaule, avant de conclure sur le sujet : « Ce n'est pas inutile de vous dire qu'aujourd'hui, il n'y a effectivement aucun fonds qui est prévu pour augmenter les salaires, donc cela rend difficile toute négociation avec les organisations syndicales. »

Un message qui n’étonnera sans doute pas les syndicats de l’île, qui n’avaient pas d’autre intention que de faire passer le leur, en manifestant ce matin. La mobilisation se poursuivra ce vendredi 10 avril à 10h devant la préfecture pour le rassemblement prévu en défense du 1er Mai comme journée non travaillée.

L'assemblée générale de la FEHAP.
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