Les surfeurs obtiennent de timides avancées...

Même si le "risque zéro n'existe pas", rappelle le préfet de la Réunion, Michel Lalande, les services de l'Etat ont décidé de "tout faire pour réduire les risques". Dans cette optique, plusieurs propositions ont été avancées aux surfeurs et pêcheurs réunis devant le Préfecture depuis 14h. Après deux heures de réunion entre les services de la Préfecture et une délégation d'associations, pêcheurs professionnels et surfeurs, Jérôme Sinet, membre de l'association Océan Prévention Réunion (OPR), est sorti pour faire la lecture des avancées obtenues. "Nous avons discuté avec le préfet et je vais vous faire la liste de ce qui a été dit aujourd'hui", explique-t-il devant une foule de surfeurs et pêcheurs ayant attendu toute l'après-midi.
Premier point abordé : "la pêche de requins bouledogue par des professionnels de la mer est autorisée dans la réserve naturelle", lance-t-il. Cris de joie dans la foule, mais cette disposition était déjà appliquée par les autorités. "Ce n'est pas nouveau", ajoute-t-il. Seulement peu de personnes sont au courant de cette possibilité et les pêcheurs professionnels ne le pêchent pas car le requin bouledogue n'est pas commercialisable.
Une meilleure écoute des gens de la mer
Au rayon des avancées notables, la délégation a eu le sentiment d'être, pour la première fois, écoutée par les services de l'Etat, notamment sur la réitération de demande de pêche préventive de requins par des pêcheurs plaisanciers dans la réserve. "Sur la base d'observations effectuées par les gens de la mer, pêcheurs, surfeurs, plongeurs (…), une pêche préventive pourra peut-être être mise en place", précise-t-il. En plus d'une meilleure écoute et prise en compte des remontées d'observations, un protocole de sécurisation sera instauré sur un ou deux spots de surf de la Réunion, "pas seulement pour les écoles de surf la journée, mais sur l'ensemble du spot", précise Brigitte Sinet, membre de l'OPR. "On pourrait avoir un système de vigie renforcé et une zone tampon entre les surfeurs et les requins", précise-t-elle.
Des décisions qui ne satisfont pas les surfeurs et pêcheurs massés le long de la préfecture. Tous veulent du concret "immédiatement", souhaitant de nouveau surfer sur les différents spots de la Réunion sans risque de se faire attaquer par des requins. En face, les membres de la délégation tempèrent : "Dans 8 jours nous serons une nouvelle fois reçus et cette fois-ci l'Etat nous a assuré que nous serons impliqués dans le dispositif Charc". Un dispositif dont les conclusions attendues au mois de septembre seront rendues "publiques". Le dispositif Charc (Connaissances de l’écologie et de l’Habitat de deux espèces de Requins Côtiers sur la côte Ouest de la Réunion) est une étude portant sur l'environnement et le mode de vie des requins.
Dans l'immédiat, il ne fallait pas s'attendre au début d'une campagne de pêche massive de requins dans la réserve marine sous la bénédiction de la Préfecture. Mais la colère et le ras-le-bol des usagers de la mer réunionnais ont peut-être été entendus pour la première fois, l'Etat voulant associer les travaux Charc avec les observations des professionnels de la mer réunionnais.
La prochaine rencontre aura lieu dans une semaine, mais d'ici là, les surfeurs ne relâcheront pas la pression et dès demain, un hommage sera rendu à Alexandre sur la plage des Brisants.


