Les Roms, des hors-castes d'origine indienne
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Alors que notre président Nicolas Sarkozy, d'origine hongroise et Rom, s'attache à "bouter hors de France" ses frères de sang, il nous a semblé intéressant d'approcher cette communauté.
Un peu d'histoire
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Le terme "rom" signifie " homme accompli et marié au sein de la communauté". Il s'agit d'un ensemble de populations d'origine indienne dont les langues initiales sont originaires du Nord-Ouest de l'Inde.
Présents en Europe dès le XIe siècle, c'est la minorité la plus importante en terme numérique.
Les études linguistiques envisagent vers la fin du XVIIIe siècle des origines indiennes aux Roms. Longtemps installés en Perse mais refusant de se consacrer à l'Agriculture, ils décident de migrer, certains vers le Sud-Ouest et l'Egypte, les "Caraques", les autres vers le Nord-Ouest et l'Europe, les "Zingares". L'Inde du Nord semble donc être la zone d'origine des "Roms" come en témoignent la linguistique et la génétique comparées. Au plan génétique, on parle de 32 à 40 générations situées au Sind et au Pendjab, régions dont les langues locales se rapprochent le plus de celle des "roms".
Des hors-castes pourtant bien utiles
Dans la société indienne de castes, les bouchers, équarisseurs, tanneurs, ferronniers, bucherons, fossoyeurs, éboueurs, chiffonniers et saltimbanques étaient impurs et n'avaient pas le droit d'être sédentaires. Il leur fallait aller de village en village pour proposer leurs services et on les accusait facilement de tous les maux puisque nomades...
Ils choisirent alors de prendre la route...
Partis du Nord de l'Inde vers l'an 1.000 en direction du plateau iranien ( Afghanistan, Iran, Arménie, Caucase, Turquie...) où on les appelle "kaoulis" où ils se proposaient comme charriers et éleveurs de chevaux notamment, ils gagnérent l'Europe au XIIe siècle, où ils se mirent sous la protection des seigneurs et des nobles pour exercer leurs métiers traditionnels. L'empire byzantin en accueille dès le XIVe siècle où ils deviennent ferrailleurs, ferronniers et chaudronniers. Au XVe siècle, ils se dispersent dans toute l'Europe (Hongrie, Allemagne, Suisse...) et on trouve les premiers camps en 1419 à Chatillon sur Chalaronne, Macon et Sistéron en France.
Stigmatisés, indésirables et maltraîtés partout
Depuis le XVe siècle leur choix du nomadisme et leur attitude marginale inquiète. On les accuse alors de tous les maux de la terre : maraude, vol de poules, de chevaux et même d'enfants...
Ils deviennent dès lors indésirables et tombent dès le XVe siècle sous le coup de décrets allant de l'expulsion à l'exigence de sédentarisation, les récalcitrants sont emprisonnés, mutilés et envoyés aux galères...
En Roumanie, ils sont forains, ferronniers, forgerons, rétameurs, fossoyeurs, chiffonniers, saltimbanques, musiciens...
Les Roms en Europe de l'Est
Jusqu'en 1989, les "Roms" avaient été contraints à se sédentariser. En échange de l'abandon de leur culture et de leur mode de vie traditionnels, on leur "offrait" un statut précaire de prolétaires; Ils travaillaient dans l'industrie, le batiment et l'agriculture et étaient protégés des agressions racistes. Ils avaient des revenus stables, le gouvernement leur fournissait des logements, leurs enfants allaient à l'école et obtenaient souvent des diplômes universitaires. Avec l'arrivée de l'Economie de Marché, le système s'est effondré. Quand les entreprises d'Etat furent privatisées, ils furent les premiers à perdre travail, garanties sociales et logements.. avec un taux de chômage de près de 50%. Ne trouvant plus d'emploi, ils s'entassèrent dans des camps sordides à l'orée des villes avec l'espoir d'y trouver quelque travail et à défaut de mendier.
En Suisse et en Suède
On place les enfants orphelins dans des familles d'accueil afin de tenter de les sédentariser. On interdit aux parents biologiques, s'ils sont connus, de les voir, et on tente de stériliser les parents..."à des fins humanitaires". Cette politique a existé jusqu'en 1975
En France...
Au XVIIe siècle, Louis XIV les envoie aux galères à perpétuité, leurs femmes sont rasées et leurs enfants efermés dans des hospices.. .
Aux XVIIIe et XIXe siècle, ils sont mal vus et employés à des grands travaux : canal d'Arles, d'Aigues Mortes, construction de routes dans les Hautes Alpes... Une nouvelle tentative de sédentarisation ne connait guère plus de succès.
Au XXe siècle, ils doivent être porteurs d'un "carnet anthropométrique d'identité" qui doit être tamponné à chaque déplacement, aujourd'hui, ils doivent toujours être porteurs d'un "livret de circulation".
L'entrée de la Roumanie dans l'U.E permet aux "roms" leur libre circulation et ils n'ont plus besoin de visas. Pourtant en France, il leur faut être porteurs d'un titre de séjour et d'une autorisation de travail sous peine d'être expulsés. D'ailleurs depuis 2007, il y a environ 8.000 expulsions/an .
Les évènements récents
En Aout 2010, suite à deux incidents, la France décide d'une expulsion massive des roms à destination de la Roumanie.
Le 22/08/2010, le Pape exhorte les pèlerins " à accueillir les légitimes diversités humaines" .
Le 27/08/2010 le CERD de l'ONU demande à la France de "garantir l'accueil des Roms à l'éducation, à la santé et au logement dans le respect des principes d'égalité et demande pourquoi il n' y a toujours pas d'aires d'accueil mises en service pour les gens du voyage, entre autres, malgré la loi du 5/07/2000 dite loi Besson.
Le 9/09/2010, le parlement européen presse la France de "suspendre sur le champ les expulsions de Roms".
Le 14/09/2010, Viviane Reding, commissaire européenne à la justice et aux droits fondamentaux fait part de son intention de lancer 2 procédures d'infraction contre la politique de la France à l'égard des Roms.
Comment sortir de cette situation inextricable ?
On sait bien qu'exclure des "Européens de faît" de France est à la fois immoral dans le pays des "Droits de l'Homme" mais aussi coûteux puisqu'on leur propose un peu d'argent-celui de nos impôts- pour les encourager au départ. Disons qu'on leur a offert des vacances en se soulageant la conscience. Ils reviendront forcément à la première occasion puisqu'ils ont accès à la libre circulation en Europe.
Il y a de 10 à 12 millions de "Roms" (sur environ 18 millions dans le monde) C'est la plus forte minorité de l'U.E; Plutôt que de rechercher à rendre cette importante commmunauté invisible à nos yeux, si nous cherchions à les intégrer en les considérant vraiment comme des partenaires à part entière ?
Une lueur d'espoir ?
Depuis fort peu de temps, la Commission Européenne a enfin convoqué un sommet spécial sur l'affaire des "Roms" en dégageant 2 pistes pour favoriser leur intégration :
-un programme d'éducation destiné aux enfants
-une aide à la création d'entreprises individuelles avec octroi de micro-crédits
Souhaitons que ces "solutions" soient rapidement mises en oeuvre...
En matière de religions
Il est certain que leur statut de "hors-castes" en Inde les prédisposait plutôt à adopter le chamanisme que l'Hindouisme.
Bien que stigmatisés et vilipendés en Europe, ils ont pour la plupart adopté la religion du pays d'accueil : chrétienne ou musulmane (notamment soufie), ce qui démontre qu'ils ne sont pas si asociaux qu'on tente de le faire croire.
Patrice LOUAISEL


