“Les Régionales 2010 seront également un référendum sur le tram-train”

Ils sont deux camps à espérer “un message fort de la population” à l’issue des Régionales 2010. Il y a d’abord l’actuelle majorité. “Bien sûr que nous voulons l’adhésion des Réunionnais à ce projet”. “Nous”, c’est d’abord Paul Vergès.
Le stratège communiste joue sur du velours. D’une part, il continue à surfer sur la route des Tamarins. Il y a l’immense campagne de communication sur cet axe qui a tout de même coûté presque deux fois plus que le coût initial.
Il y a aussi la faiblesse de la commande publique (très peu de chantiers et pas de projets structurants) et le contexte économique très difficile. Il y a enfin l’amnésie d’une partie de la population sur les promesses concernant la nouvelle route du Littoral qui n’en est même pas à l’avant projet sommaire, alors qu'il était prévu pour l’année dernière, selon le calendrier de la Région.
Paul Vergès a tous les atouts en main. “Le président a fait du tram-train l’enjeu des Régionales 2010. Il l’a voulu ainsi”, explique notre interlocuteur, proche du parti communiste. “Il a atteint son objectif”, reconnaît un conseiller régional de l’opposition. “Les Régionales 2010 seront également un référendum sur le tram-train”, alors que la Droite espérait faire de l'Assemblée unique l'enjeu de ces prochaines élections. La question statutaire a été vite éludée, et qui plus est à Paris. Paul Vergès, une fois encore, a été le plus fort.
Le sénateur Jean-Paul Virapoullé a donc perdu son cheval de bataille préféré et aussi le plus efficace (Assemblée unique et bi-départementalisation). Aujourd'hui, c'est Didier Robert, député-maire du Tampon, qui vient de perdre une bataille.
“Les Régionales 2010 ne peuvent être un référendum sur le tram-train”, a-t-il déclaré hier sur notre site. Il y croyait encore hier. Désormais, la tête de liste de l’union de la droite devra jouer sur le terrain de Paul Vergès, et contre certains de ses amis politiques qui se sont déjà prononcés en faveur du tram-train.
En coulisses, des conseillers régionaux ou proches de la majorité régionale, n’hésitent pas à dire que la cause est déjà entendue. “Paris préfère temporiser à la veille d’une échéance électorale capitale, le gouvernement apportera le surcoût financier après les Régionales de 2010”.
Les résultats de ces élections conditionneront sans doute le montant de la fameuse dotation ferroviaire demandée par la Région Réunion. La confiance est aujourd'hui dans le camp des amis de Paul Vergès. “Le tram-train est toujours sur de bons rails”.
Malheureusement, ce n’est pas le cas de La Réunion…


