Les présidents de ligue dénoncent le double discours des autorités sur la suspension des activités sportives

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"Il faut protéger la population, attention, mais il y a des protocoles que nous pouvons mettre en place pour faire les choses en toute sécurité". C'est le message martelé ce jeudi par les principales ligues de sports collectifs. Ces derniers ne comprennent pas le procès fait aux sports collectifs, "comme si nous étions coupables de quelque chose" dénonce le président de la ligue réunionnaise de basket-ball, Johan Guillou. "Aujourd'hui, est-il plus dangereux de nous faire confiance alors qu'on fait confiance aux écoles ou aux lieux de culte, qui eux restent ouverts ? Pourquoi interdire uniquement les sports collectifs sans réfléchir à une reprise progressive ?", s'interroge Johan Guillou, qui demande au préfet de "faire confiance aux présidents de clubs comme on le fait pour les directeurs d'école".
"L'idée n'est pas de jeter les gens dans la fosse aux lions, nous ne sommes pas irresponsables. Mais nous demandons à être force de proposition: avant de prendre une décision, le préfet devrait s'entretenir également avec le monde sportif, car nous avons aussi des protocoles à présenter" , reprend Johan Guillou. "N'oublions pas que le sport c'est la santé et là ce sont pour des problèmes de santé que l'on interdit la pratique du sport", ajoute-t-il.
"Il s'agit aujourd'hui d'un comportement général et s'associer pour dire que cela ne peut plus durer", peste Philippe Alexandrino, de la ligue réunionnaise de handball, qui attend "la mise en place d'une plateforme commune". "On sort des arrêtés sans qu'il y ait concertation, il est normal que l'on parle d'incohérence", regrette-t-il.
Le président de la Ligue réunionnaise de football Yves Ethève, abonde dans son sens. "Tout le monde le dit, il y a un manque de cohérence. Les présidents de ligue et le comité auraient souhaité qu'on les consulte d'abord avant que le préfet prenne ses arrêtés. On a un référent Covid, il faut qu'il serve à quelque chose", peste le patron de la LRF, plus grande ligue de l'île en nombre de pratiquants, qui a perdu près de 10 000 licenciés par rapport à l'an dernier (29 000 en 2019 contre 19 000 actuellement).
Yves Éthève se montre également très critique vis-à-vis des maires, responsables des équipements sportifs de leurs communes respectives. "L'association des maires s'était plaint à un moment donné de ce manque de cohérence du gouvernement qui les mettaient de côté. Aujourd'hui, ils ont réussi à obtenir cette concertation avec les autorités, mais ont oublié les présidents de ligue", regrette Yves Ethève.
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Outre le manque de concertation avec eux, c'est aussi le manque de visibilité sur les prochains mois qui inquiètent les patrons de ligue. Et notamment sur la situation des employés des clubs ou des différentes ligues, dont bon nombre risquent de se retrouver sans emploi dans les prochaines semaines. "Cette crise et ces arrêtés successifs ont un impact direct sur nos activités, mais cela n'est pas nouveau et remonte déjà à 7 mois. Nous n'avons aucune visibilité sur la situation financière de nos salariés. Nous demandons simplement à rentrer dans la boucle et travailler avec les instances préfectorales et municipales", espère la directrice de la ligue réunionnaise de volley-ball, Nadine Dijoux.


