Les habitants du Chaudron: "Où sont les forces de l'ordre?"

À part les rues pailletées d’éclats de verre, aucune trace des violences et du vandalisme hier soir, qui ont même fait [reculer les forces de l’ordre]urlblank:http://www.zinfos974.com/Photos-Chaudron-Les-forces-de-l-ordre-reculent-devant-les-manifestants_a117775.html . Rue Roger Payet, là où les jeunes ont l’habitude de faire du rodéo et de la pousse avec leurs motos, les habitants sont excédés. "On ne voulait pas que ça devienne une habitude mais nous n’avons plus le choix, affirme Sarah* qui habite à une rue de là, c’est la fête tous les jours, du lundi au dimanche". "C’est ennuyant et inquiétant à la fois, ajoute la mère de famille, les gens ont peur, même la police a peur".
Pour Géraldine*, qui habite un immeuble de la rue Roger Payet depuis 15 ans, "il ne faut pas que la police laisse les jeunes prendre le dessus". "Il faut que la loi leur montre que le Chaudron ne leur appartient pas ! s’indigne-t-elle, mais regardez aujourd’hui ? Où sont les forces de l’ordre ?" Hier, elle n’a pas pu rentrer chez elle à cause de la route bloquée et de la fumée qui se dégageait des poubelles brûlées. "Je fais des allergies et j’avais du mal à respirer, raconte-t-elle, donc je suis allée dans la famille de mon mari à Saint-André. J’y suis tous les week-ends car à partir du vendredi soir, on ne peut plus être tranquilles. On doit rester enfermés chez soi, on ne peut pas regarder la télé ni ouvrir les fenêtres à cause du bruit et de la pollution de leurs grosses cylindrées. Il faut que ça s’arrête. Nou viv plu".
"Il leur faut une piste à la Jamaïque"
Daniel* soutient l’idée d’une piste ouverte à la pousse à la Jamaïque. "Les jeunes pourraient faire ce qu’ils veulent et ils ne seraient pas contrôlés tous les week-ends", explique-t-il. Car une présence policière, il y en aurait, ainsi que des contrôles des deux-roues, chaque semaine. Et pour Daniel, la provocation de la part des forces de l’ordre s’ajoute à la frustration déjà ressentie par les jeunes. "Ils sont provocateurs et un peu violents, je trouve. C’est d’ailleurs à cause d’un contrôle que ça a pété hier. Un jeune a été emmené au commissariat et les autres ont suivi", décrit-il. "Il faut que les forces de l’ordre pensent aux habitants des immeubles et aux voitures caillassées. J’ai peur pour eux".
* Prénoms d'emprunt





