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Les fouilles pourraient déboucher sur des découvertes de grande importance

Toutes les supputations évoquées avec frénésie depuis quelques mois ont eu le don de chatouiller l'esprit scientifique d'Eric Kichenapanaïdou. L'archéologue et responsable du service patrimoine à la mairie de Saint-Paul supervise les opérations de détourage du vestige découvert au mois de mai, à deux pas de la mairie. Pour lui, cet objet se révélera peut-être une véritable clé de compréhension d'une époque particulière de la Réunion.
Ecrit par Ludovic Grondin – le mardi 9 novembre 2010 à 15H44

L'agitation qui prévalait hier lors de la réouverture de la fosse où la structure circulaire avait été révélée il y a sept mois s'est dissipée ce matin, dans la petite rue jouxtant la mairie de Saint-Paul.

Encore hier, toutes les hypothèses étaient formulées. En quelques mois, on est passé de "puits" à une "fontaine" en passant par un "moulin à maïs". Devant ses thèses précipitées, l'archéologue reste prudent.

L'exploration du creux de deux mètres, seule partie désensablée et visible, mais protégée par du contre-plaqué, devait se tenir ce matin mais les pompiers ont préféré décliner l'invitation à l'expertise. Dans les jours qui viennent, des spéléologues sont donc attendus sur site.

Les poubelles du passé sont des trésors pour les archéologues

Cette tranchée, au milieu de cette structure circulaire "pourrait déboucher sur des découvertes d'aussi grande importance que l'objet lui-même", dit optimiste Eric Kichenapanaïdou.

 

Les spéléologues devront s'assurer de la solidité des parois à l'intérieur de la structure avant d'envisager le désensablage sur un plus grand périmètre autour de l'objet de pierre.

"Quand un objet n'est plus utilisé, quelle que soit l'époque, il est condamné à faire partie des choses auxquelles on ne prête plus attention", dit Eric Kichenapanaïdou.

Ce dernier se contenterait même d'un usage détourné peu glorieux de cet objet tombé dans la désuétude, y compris celui de… poubelle à ciel ouvert. Même si cette hypothèse s'avérait vraie, il ne perd pas sa verve : "les poubelles du passé sont des trésors pour les archéologues".

 

La vie de l'objet, mais même au-delà de son utilisation première

Malgré la distance qu'il souhaite garder, Eric Kichenapanaïdou dévoile le travail scientifique qui se mettra en place dans les jours prochains : "Notre démarche sera de comprendre les différentes vies de l'assemblage. Dans quelques jours, nous entamerons une recherche à l'envers en fin de compte. On a commencé par la mort de la structure avec le bouchon de basalte qui était posé au-dessus de la plus grande structure. Dans un second temps, on essaiera de voir ce que les gens ont pu y laisser à l'intérieur. Enfin, plus on va fouiller, plus on se rendra compte de l'étendue réelle de l'objet. Ce n'est qu'à ce moment-là que nous pourrons avoir une idée précise de l'usage qui prévalait à l'époque".

La rue François Lenormand assiste elle, heure par heure, à l'avancée des travaux. Elle sera fermée jusqu’au 28 novembre. A moins que l'objet ne déjoue les pronostics des scientifiques et des curieux.

 

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