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Les Forces vives de Mayotte réclament l’instauration d’un « état d’urgence sécuritaire »

Environ 2.000 Mahorais ont défilé ce mardi dans les rues de Mamoudzou, selon les médias locaux, qui relatent que les forces de l'ordre ont dispersé avec du gaz lacrymogène des manifestants qui tentaient de forcer les portes du palais de justice. Dans un communiqué, le collectif les Forces vives de Mayotte demande « la fin de l'Apartheid réglementaire et juridique appliqué » dans l'île et l'instauration d'un « état d'urgence ». Après deux semaines de blocage, c'est désormais le tissu économique de l'île qui entre en crise.

Ecrit par T.L. – le mardi 06 février 2024 à 18H58

Le tribunal de Kawéni était leur objectif : ce mardi en début d’après-midi, environ 2.000 manifestants mobilisés par le collectif les Forces vives de Mayotte, né sur les barrages qui fleurissent sur l’île depuis le 22 janvier, ont convergé vers le bâtiment de justice où les attendait un important dispositif de gardes mobiles.

Regroupées devant le tribunal, les forces de l’ordre ont repoussé la tentative des manifestants de pénétrer dans l’enceinte, essuyant des jets de pierre selon nos confrères de Mayotte la 1ère et usant de gaz lacrymogène pour disperser la foule.

Dans un communiqué publié ce mardi sur ses réseaux sociaux, le collectif les Forces vives de Mayotte avait annoncé son intention de boycotter la rencontre programmée avec des élus politiques à 13 heures locales, en mettant en doute leurs « véritables intentions ».

« Les Forces vives de Mayotte estiment que résoudre le problème migratoire et son pendant insécuritaire est un préalable indispensable avant de pouvoir aborder tout autre sujet », mentionne le communiqué, qui revendique « la fin de l’Apartheid réglementaire et juridique appliqué à Mayotte » et qui réclame l’instauration d’un « état d’urgence sécuritaire ».

Si l’installation de barrages dans plusieurs communes de Grande-Terre par le collectif semble remporter l’adhésion d’une bonne partie de la population, excédée par le racket d’automobilistes et les violences quotidiennes, le blocage induit un ralentissement de l’activité économique, voire un arrêt total dans certains secteurs.

À Mayotte, les établissements scolaires n’échappent pas à la crise qui secoue la société

« Je ne manifestais pas parce que je travaillais, mais je soutiens le mouvement », explique une habitante des Hauts Vallons, dans les hauteurs de Mamoudzou. « Ce n’est plus vivable, on ne peut plus circuler en sécurité, on ne peut plus envoyer les enfants à l’école en sécurité. Vous imaginez bien que pour paralyser toute une île, il faut être vraiment désespéré. Je suis bloquée chez moi depuis dix jours, je suis en télétravail, mais dans ma société, certains ne peuvent pas faire autrement que de se déplacer : je travaille au port de Longoni et quand il faut décharger les bateaux, on ne peut pas faire autrement que d’être là. Sinon, il repart avec sa cargaison. »

De fait, entre les rayons des supérettes vides et les salariés bloqués chez eux, l’économie de l’île donne le sentiment de tourner au ralenti, au point que le Medef local a organisé ce lundi une réunion en visioconférence pour prendre le pouls de ses adhérents.

«  C’était compliqué comme visio, parce qu’on sentait qu’il y avait de la détresse », relate une participante, qui assure cantonner ses déplacements à sa localité du sud de Mamoudzou. « Beaucoup d’entreprises mettent leurs salariés en activité partielle. Le dispositif pour faire les demandes a été allégé, ce qui montre bien que Paris est au courant de ce qui se passe ici. Après, les taux sont les taux plafonds, ce n’est pas la procédure Covid non plus. »

Ces dernières heures, des membres du collectif auraient procédé au blocage du ponton qui permettaient de prendre une navette privée pour se rendre sur Petite-Terre, la barge prévue à cet effet ayant déjà été rendue inopérante.

« La liberté de circulation d’accord, mais la violence alors, c’est admissible  ? Moi, j’habite aux Hauts Vallons et j’entends des lacrymos tous les soirs. Vous n’imaginez pas comme c’est effrayant. Le collège de Koungou a été attaqué, mais qu’est-ce qu’on fait pour nous protéger ? », proteste cette employée du port de Longoni, en référence à la sortie musclée du préfet Thierry Suquet, qui avait fait sauter les barrages durant un week-end et puis claironné « la reprise économique et sociale de Mayotte ». C’était il y a une dizaine de jours et cette opération de communication a braqué une partie de la population.

« Le Medef nous a expliqué que le collectif ne communiquait plus avec le préfet et que personne ne sait vraiment qui ils sont », assure la responsable RH d’une entreprise. « Mais ils ont des revendications très précises, ils veulent que les campements de migrants s’arrêtent. Je sais que beaucoup ont l’impression que les gens ici sont racistes, mais ce n’est pas ça. Il n’y a pas d’infrastructures pour accueillir les migrants et cela pose des problèmes sanitaires. L’instruction en France, c’est un droit, mais à Mayotte, on crache dessus, c’est le seul Département où il y a des rotations d’enfants dans les écoles. Deux semaines d’école le matin, puis ensuite deux semaines l’après-midi. Tous les Mahorais qui ont les moyens envoient leurs enfants étudier ailleurs. »

Thèmes : Mayotte
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Alé dit partout
24 jours il y a

Sans aucune préparation , Mayotte n’est pas prête à une vraie départementalisation.

Des  » petits hommes gris  » parisiens ont mis la charrue avant les boeufs .

Cette départementalisation brouillonne de 2011 par un certain  » 3 pommes  » sarkozy reste une erreur où Mayotte « réservoir de voix » aux élections ( présidentielle 2011).

Des  » petits hommes gris  » qui comprennent à rien au terrain qui sortent tout droit dans des bouquins.
Il faut se rappeler que 95% de la population mahoraise est musulmane et dans la même proportion ne parle pas français …
Restituer ensuite cette île à ces trois voisines comme les NATIONS UNIES nous y obligent tout en donnant la possibilité d’acquérir la nationalité française aux mahorais sous conditions de langue et de culture ( l’histoire de France … D’abord )

« état d’urgence sécuritaire » … Certains rêvent !

Macron qui rappelait que les Mahorais étaient attachés à la France et que la France respectait le principe des peuples à disposer d’eux-mêmes, ce qui signifie implicitement que la France considère qu’il existe un peuple mahorais, Azali Assoumani déclara :« Je dois compléter le président Macron par rapport à la question de Mayotte. Il a dit que Mayotte est française. Mais pour nous, Mayotte est comorienne. (…) Des erreurs ont été commises de part et d’autre.

En conclusion on amuse la galerie, point final

pseudo 974
24 jours il y a

a lire l article, je constate qu ils ne sont pas tous venus sur la run, encore qques personnes qui se battent pour leurs îles.malheureusement pour nous à la run, air austral nous inonde de mineurs ou adultes qui ne veulent pas faire société. l entre soi et certaines dérives chez qques uns d entre eux posent pb sur la chaumière, st Louis , st André , st Benoît. réunion pays d accueil pour ceux qui veulent faire société oui mais pour les autres. retour avec ewa ou uu.nous avons déjà nos pb à régler et surtout tempérer ce vivre ensemble.

Royal Bourbon
24 jours il y a

Pfff ! La déchéance de départementalisation c’est mieux ! Restons à 100 départements ! Les nombres impairs ça porte malheur !

jeanbaiselarak
24 jours il y a

Une journée comme une autre, bienvenue à Mayotte, Département Français par excellence.

Nene
23 jours il y a

Référendum en France pour statuer sur le statut de Mayotte. C’est indispensable. Ce n’est pas la terre de Victor Hugo et il n’en veulent pas.
s’elever c’est compliqué.

Dionysien
Répondre à  Nene
23 jours il y a

On connait le résultat , mais si on demandait aux français de l’hexagone d’y inclure les dom y compris la Réunion appelés par certains les valseuses de la République ?

Loulou
Répondre à  Dionysien
23 jours il y a

Je pense connaître le résultat d’un tel référendum !!! 80% de oui à l’indépendance des DROM/ COM

Ericka
23 jours il y a

Un département à la derive

Loulou
23 jours il y a

2000 manifestants sur une île qui compte environ 250000  » vrais mahorais  » mais où sont les autres déjà à la Réunion ? 👈

aze
23 jours il y a

Voilà ce qui arrive lorsqu’on s’affranchit de respecter le droit international juste car on dispose d’un droit de veto à l’ONU.
Cette île n’a jamais été française et ne le sera jamais 😉

Inutile
23 jours il y a

Nous aussi bon devrait instaurer, l’état d’urgence sur notre île . Regardons le nombre de communes gangrenées part cette population. Si on est locataire aujourd’hui un couple et un enfant par exemple je paye 250€ de taxe d’ordures ménagères. A côté ils sont 9 dans appartement identique et ils payent la même chose est-ce normal ? Sauf que les Réunionnais n’ont pas les mêmes prestations sociales. Et oui la polygamie n’est pas dans notre culture. C’est peut être le commencement de l’effondrement de l’humanité. En tout cas je trouve ça triste qu’on soit devenu au fil du temps des humains résignés .

Tipierrelacavale
23 jours il y a

Il faut les RENVOYER d’ou ils viennent

jeanbaiselarak
23 jours il y a

Le reste n’a pas pu manifester, ils étaient déjà arrivés à la Réunion …

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