Revenir à la rubrique : Courrier des lecteurs

Les entreprises plus fortes que les nations !

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 22 septembre 2016 à 17H30

Considérant que les lois des nations peuvent entraver le développement de leurs productions et de leurs ventes, les grandes entreprises transnationales sont sur le point d’exiger une sorte de nivellement par le bas (salaires, protection sociale, sécurité alimentaire, environnementale, sanitaire, etc.).

Cela a déjà commencé au travers de divers accords internationaux pas toujours très démocratiques et souvent peu ou mal connus des populations concernées.

Voir ci-dessous l’invraisemblable imbroglio des accords européens.

 

Diagramme d’Euler SOURCE AELE

Les grandes entreprises mondiales considèrent en effet que les lois nationales protègent abusivement l’activité économique des nations au détriment des grands groupes financiers.

L’objectif est alors de réduire ou de supprimer tous les règlements en faveur des populations et qui pourraient limiter la liberté d’action (et les bénéfices) de ces grandes entreprises.

Un nouvel accord entre l’Europe et les Etats Unis, en cours de négociation, risque d’augmenter encore le pouvoir des entreprises face aux Etats. Il s’agit du fameux TAFTA (création d’une zone de libre-échange transatlantique) et de l’application des accords de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

Mais, attention, le mot " commerce " cache une dangereuse réalité. Sous couvert de développer le commerce international, on remet en cause de nombreux avantages sociaux, de nombreuses règles de protection et de sauvegarde de la santé, de l’environnement, etc.

Un certain nombre de services publics comme la sécurité sociale, l’éducation, risque d’être privatisé. Les politiques publiques concernant l’eau, le gaz, l’électricité, les transports, ont déjà été fortement mises à mal.

Au travers de mécanismes complexes d’arbitrage, ce sont finalement les grands groupes industriels qui dictent aux Etats les normes et règlements à appliquer.

Ce qui est en train de s’accomplir, c’est le rêve de David Rockefeller qui déclarait en février 1999 : " Quelque chose doit remplacer les gouvernements. Le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire. "

Ceci peut paraître énorme pour des Européens peu familiers des négociations de l’OMC. Les politiques de démantèlement du droit du travail, des services publics, les dérégulations massives, la mise en concurrence de tous contre tous, voulues par nos gouvernements et confiées à la Commission européenne, s’inscrivent dans le cadre des accords de l’OMC.

Face à cet abandon par nos dirigeants de tout ce qui a été construit dans les domaines de la démocratie, du social, du sanitaire, de l’environnemental, il est impératif de s’insurger. Dans le cas contraire, tous les pouvoirs risquent d’être offerts au secteur privé.

D’où la nécessité d’une mobilisation populaire. Elle a fonctionné en 1997-1998 contre l’AMI (Accord Multilatéral sur l’Investissement).

Elle s’impose aujourd’hui. Car, une fois connu ce qui est en négociation, il deviendra impossible pour un gouvernement de justifier cet abandon de souveraineté.

En son temps, Sumitomo Shoji Kaisha, l’un des trois groupes financiers leader au Japon, avait pour devise : " Servir le Monde par le commerce ". On devrait traduire par : " Asservir le Monde par le commerce ".

Nos gouvernements sont malheureusement complices de cette situation. Une conseillère du ministre français du Commerce écrivait récemment : " Il faut prendre acte de la tendance à la délégation de la règle au privé ".

Tout l’édifice politique censé protéger le citoyen est en train de s’écrouler. Plus de 2000 ans de luttes sociales pour un monde plus humain, vont s’envoler en fumée. Et personne ne réagit…

François Maugis, président de l’Association énergie-environnement

Bruno Bourgeon, président d’AID, #NuitDebout

 

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :