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Les éleveurs de l’ADEFAR ne voient toujours rien venir sur l’éradication de la leucose

L’ADEFAR, les Gilets jaunes des Zazalés, les Révoltés 974 et des éleveurs se sont réunis ce mardi chez Jean-Paul Bègue pour faire le point sur l’éradication de la leucose bovine. Ils déplorent que les réponses aux scandales sanitaires se font toujours attendre malgré l’arrêté ministériel du 13 juin 2020 permettant une gestion des cas de leucose bovine à La Réunion.

Ecrit par – le mercredi 07 octobre 2020 à 00H04

Après des mois et des mois de combat à dénoncer la surmortalité dans les cheptels réunionnais et le scandale de la leucose bovine (LBE), où en est-on ?

En mars 2019, Jean-Paul Bègue et les époux Lauret avaient été exclus de la Sicalait. « Plus d’un an s’est passé, c’est vrai qu’entretemps il y a eu la Covid, mais rien n’a avancé », déplore la présidente de l’ADEFAR (Association de DEFense des Agriculteurs de La Réunion), Annie-Claude Abriska. 

[Si l’arrêté ministériel du 13 juin 2020]urlblank:https://www.zinfos974.com/L-Etat-s-attaque-a-la-leucose-bovine-a-La-Reunion_a156043.html fait apparaître une volonté de l’Etat de s’attaquer à cette maladie réglementée par un accompagnement des éleveurs dans une démarche d’éradication, dans les faits, sur l’exploitation de Jean-Paul Bègue, les vaches continuent de mourir. De 80 bêtes à son exclusion de la coopérative laitière, il ne lui en reste plus aujourd’hui que 22.

95 % de son cheptel a été testé positif à la LBE mais aussi à la Brucellose et la Tuberculose. Et pour l’éleveur, hors de question de les vendre dans cet état malgré les vignettes vertes figurant sur leur passeport bovin alors que la mention « officiellement indemne de leucose » a été barrée. « Les passeports auraient dû être de couleur rouge et les animaux totalement interdits de mouvement, sauf à destination de l’abattoir », rappelle Annie-Claude Abriska.

L’éleveur laitier demande donc, dans le cadre du nouvel arrêté ministériel, à ce que ses bêtes lui soient retirées. En réponse en date du 7 septembre, la DAAF l’« encourage », pour bénéficier d’une indemnisation pour l‘abattage et l’achat de reproducteurs de remplacement, à « volontairement assainir son cheptel pour pouvoir entrer au plus tôt dans la catégorie des élevages ayant au maximum 50% de bovins positifs à la LBE ».

Une réponse qui interpelle Jean-Paul Bègue. Aucun montant pour l’indemnité n’est précisé mais surtout, « comment les animaux seront remplacés puisque la Sicalait ne dispose pas de boeufs non leucosés ». L’éleveur assure avoir frappé à toutes les portes pour qu’on lui retire ses vaches« et pourtant personne ne m’a répondu. Donc il y a une volonté de garder la leucose », analyse-t-il. 

 

Priscillia Ludosky et Marie Toussaint comme relais au niveau national et européen

Et les questions sont encore nombreuses pour ces éleveurs. « L’élevage à La Réunion, est-ce un métier d’avenir ou un suicide pour ceux qui s’y engagent ? Comment être écouté ? Comment obtenir justice ? La publication du dernier arrêté ministériel du 3 juin 2020, chevauchant la parution de l’ouvrage ‘Ensemble nous demandons justice’ le 28 mai 2020, était-ce le fruit du hasard ? » 

Priscillia Ludosky, initiatrice du mouvement des Gilets Jaunes et Marie Toussaint, députée européenne, ont signé un essai mettant en lumière « des violences environnementales » dans l’Hexagone et l’Outre-mer dans lequel un chapitre est consacré à la leucose bovine à La Réunion. « On parle de dysfonctionnements techniques, de mauvaise alimentation ou du manque de compétences des éleveurs. Alors qu’en métropole, toutes ces questions ne s’étaient pas posées : tous les bovins contaminés avaient été abattus ! »

L’ADEFAR a récemment adressé une lettre ouverte au Président de la République, au ministre de l’Agriculture, au ministre des Outre-mer. « Une réflexion est engagée pour poursuivre au pénal la Sicalait pour vente illégale d’animaux », précise également la présidente de l’association. Si les époux Lauret, qui ne possèdent plus aucune vache, tentent désormais de se reconvertir difficilement dans le maraîchage, Jean-Paul Bègue n’abandonnera pas le combat. « A 58 ans, mon seul projet c’est le chômage après avoir fait durant 25 ans du lait pour finir traité comme un moins que rien »

 

 

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