Les curés, ces veilleurs du monde

Courrier des lecteurs.
En cette Semaine sainte de 2025, alors que les cloches s'apprêtent à sonner la joie de la Résurrection, que les chocolatiers s'activent doucement aux derniers préparatifs de Pâques, un constat s'impose, discret mais puissant : les curés sont là.
Mardi 15 avril, ils étaient nombreux à la messe chrismale de la Plaine des Cafres, pour renouveler leurs vœux. Présents. Disponibles. Attentifs. Ils écoutent, accueillent, confessent, bénissent. Dans un monde qui va vite, qui crie fort, qui juge rapidement, ils continuent humblement leur mission.
Oui, ils sont là, malgré tout. Malgré les critiques, parfois justes, parfois injustes. Malgré les scandales passés, les soupçons généralisés, les regards soupçonneux. Les prêtres d'aujourd'hui portent un poids immense, celui de leur héritage, celui de leur foi, celui de leur engagement. Et pourtant, ils tiennent, ils avancent, ils servent.
À l'image du Père Michel DIATTA (curé de la paroisse du centre-ville de Saint-Paul), qui, durant ce Carême 2025, est sur tous les fronts. Jour après jour, pendant quarante jours, il a animé entre autres avec ferveur, le chemin de croix, suivi de la messe, et cela, tous les vendredis soir, fidèle à son engagement et à sa mission pastorale. Sa présence constante, sa proximité, son écoute dans la discrétion forcent le respect. Il est de ceux qui incarnent l'Évangile sans bruit, mais avec puissance.
Leur rôle dépasse largement les murs de l'église. Ce sont eux qu'on appelle au chevet d'un mourant, dans les instants les plus fragiles de la vie. Ce sont eux qui écoutent, sans juger, dans le secret d'un confessionnal ou autour d'un café. Ce sont eux qui accompagnent, semaine après semaine, des jeunes en quête de sens, des familles déboussolées, des âmes blessées. Ils sont les derniers veilleurs de l'essentiel.
Et en cette année 2025, un signe surprenant s'impose : la jeunesse revient.
Elle revient vers le silence, vers la profondeur, vers la transcendance. La France, dans ses multiples visages, redécouvre un catholicisme vivant. Les églises ne désemplissent pas en ce Carême. Les retraites spirituelles affichent complet. Et les demandes de baptême pour cette fête de Pâques ont littéralement doublé, avec une majorité d'adultes, venus par soif de sens, non par simple tradition.
Ce n'est pas non plus un effet de mode, mais un retour à l'essentiel.
Le curé, dans ce contexte, n'est pas un vestige. Il est un point d'ancrage, un repère, un frère, il ne détient pas tous les pouvoirs, mais il offre sa présence. Et c'est peut-être cela qui manque tant aujourd'hui dans notre société, des figures de disponibilité, de fidélité, d'espérance, comme le Père DIATTA, et tant d'autres.
Alors que certains les caricaturent encore, que d'autres les marginalisent ou les moquent, il est temps de reconnaître leur rôle. Non pas pour les idéaliser, mais pour les regarder en vérité.
Les prêtres sont loin d'être parfaits. Mais ils sont là. Et cela, dans un monde où tant de repères vacillent.
L'Église universelle, sous l'impulsion du pape François, appelle à une Église « en sortie », proche des pauvres, des blessés, des oubliés. Les curés en sont les artisans du quotidien, les mains dans la pâte humaine, les pieds sur terre, et le cœur tourné vers le Ciel.
"Le prêtre n'est pas un fonctionnaire. Il est un pasteur, un homme de compassion, proche de son peuple, capable de pleurer avec lui." (Pape François).
Georges Donald POTOLA


