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Les Chroniques de Tonton Jules - #142

Pendant que les Républicains et les Socialistes s’acharnent à faire croire qu’ils sont toujours vivants, des pluies de plastiques s’abattent sur nous ; et les thuriféraires locaux du vocabulaire bien compris s’entre-déchirent pour savoir comment appeler nos anciens « Métropolitains ». Allez ! Amusez-vous bien et à la prochaine !
Ecrit par Maxime Bonnet – le lundi 29 mai 2023 à 15H16

Droite parlementaire, PS… comment exister encore ?

Pourquoi Eric Ciotti s’acharne-t-il ainsi à vouloir faire perdurer une droite parlementaire qui n’a plus aucune raison d’être ? Les croque-morts peaufinent déjà leurs cercueils en contreplaqué (ils n’ont même plus les moyens de prendre du chêne car ça sent le sapin, ouaf ! ouaf ! ouaf !)

Côté PS, c’est aussi affligeant. Ils en sont encore à renifler les traces du Mitterrand de mes deux, lequel n’était pas plus socialiste que vous et moi, en se disant « Mais qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? »

Pour faire semblant d’être encore vivants, nos caciques Parlementaires des Républicains et du PS en sont réduits à nouer des alliances boiteuses avec leurs adversaires de droite ou de gauche.

La gloriole, l’ambition, le pognon que ça rapporte (ça touche très gros, un élu de la République) entraînent coups fourrés et lâchetés concomitantes. Ça tisse le tapis rouge (non, bleu !) pour qui vous savez mais ils s’en foutent : j’veux mon fric, na !

Les grands, les très grands politiciens, les vrais, De Gaulle, Rocard, Sanguinetti, Edgar Faure, disparus aux tréfonds de notre histoire.

Pour qui voulez-vous que je vote aux prochaines présidentielles, tas d’abrutis congénitaux ?

Qui a bien pu convaincre François Baroin de se mettre à l’écart du jeu ?

Pluies de plastiques

On connaissait les pluies de grenouilles, les pluies noires, les pluies de feuilles mortes ; voici les terrifiantes pluies de plastiques. Des milliards de particules fines et létales qui s’abattent sans crier gare sur nos villes et nos campagnes.

Cela ne vous suggère rien ?

Moi, je vois là que tant que nos dirigeants, dans quelque pays que ce soit, continueront à « parler » (parler seulement) de la nature sans rien faire de concret, les multinationales du pognon continueront à nous abreuver de produits nocifs qui tueront notre planète plus sûrement que le plus gros des météorites.

Il y a belle lurette qu’on aurait dû interdire à Coca-Cola, Édéna, Pepsi-Cola, Cilaos, Australine, Schweppes, Diégo, Charrette et autres d’utiliser des contenants en plastique.

Une incongruité, le Port de Sainte-Marie

Ce dimanche, nous avions voulu, ma chérie et moi, aller visiter le nouveau port de Sainte-Marie. Déception, une grille infranchissable, avec une pancarte disant que le site était réservé aux propriétaires de bateaux de pêche (c’est logique), aux agents de sécurité (logique aussi) et aux membres de la municipalité et de la CINOR, gérante du lieu.

Vous ? moi ? toi ? a zot ? Artourne zot kaz !

C’est bien la première fois que je constate que, par la volonté d’une bande d’incompétents impénitents, un lieu public est privatisé au profit… d’une collectivité publique !

A Saint-Gilles, où les embarcations sont autrement chères, le port est ouvert à tous, en toute liberté.

A Saint-Pierre, plus beau petit port de plaisance de l’océan Indien, où des centaines de voiliers et cruisers se prélassent doucement à l’abri de la houle, on peut déambuler sur les jetées, sur les mails, sur les pontons sans que personne ne vous lance un regard torve. L’endroit idéal pour rêvasser.

Saint-Leu ? Paradis de nos champions du monde, vous pouvez aller au bout de la modeste jetée ; aucun propriétaire de pirogue ne vous fera la moindre remarque.

Alors… à Sainte-Marie, zot boyo lé plus gros ? A moins qu’ils ne veuillent protéger le trésor de La Buse, enseveli dans une passe qu’ils n’en finissent plus de draguer ? Car ils sont archi-incompétents, nuls de chez nuls, ces administrateurs de la CINOR et de la mairie de Sainte-Marie.

Cinéma américain anachronique : Javert noir !!!!!

Il en va des transpositions à l’écran des grandes oeuvres littéraires comme du reste : les cinéastes yankees n’ont rien à secouer de la réalité historique.

"Les Misérables", oeuvre monumentale s’il en fût, paie cette incongruité grandeur nature.

Il y eut je ne sais combien d’adaptations, la meilleure restant celle de M. Robert Hossein avec Ventura. Même les Américains en ont donné une version excellente avec l’interprétation fabuleuse de Liam Neeson. Avec John Malkovitch en un Javert si odieux qu’on a envie d’étrangler.

Là, voilà-t-y pas que la télévision, cette semaine, nous a servi un feuilleton d’outre-Atlantique qui m’a fait éclater de rire dès les premières images : dans le rôle de Javert, un acteur noir !

Pour faire taire les esprits tourmentés post-soixanthuitards, je ne suis ni raciste, ni xénophobe : j’aime les acteurs noirs, Sydney Poitiers, Omar Sy, Denzel Washington, Mario van Peebles, Harry Belafonte… 

Mais la triche historique, jamais !!!!!

S’il y avait bien des Noirs dans l’époque où M. Hugo place son roman, jamais, au grand jamais, aucun d’eux n’eût atteint quelque grade que ce soit au sein de la police. Ni dans quelqu’autre administration d’ailleurs.

Je n’y peux rien : la « supériorité de la race blanche » l’interdisait, c’était comme ça et pas autrement, et ni vous ni moi n’y pouvons rien.

« Métropolitains » ou… quoi ?

Un député antillais a fait adopter une loi précisant que le terme « Métropole » était nul et non avenu en raison de sa consonnance colonialiste. C’est la raison même et j’y souscris largement. 

Mais voilà… suite à ce changement de vocabulaire constitutionnel, l’angoisse nous saisit à la gorge. Drame existentiel, horreur, malheur, comment allons-nous désormais appeler nos futurs ex-Métropolitains locaux ? Nos sémiologues vont encore se jeter des encriers à la tronche !

Faut-il les appeler « des Expatriés d’Hexagone » ?

Mais c’est quoi, cet Hexagone, en-dehors d’une figure géométrique qui nous flanqua bien des cauchemars au lycée ? C’est un pays, ça ? Il est vrai qu’une île des Grandes Antilles est surnommée « Île Alligator », entendez Cuba. Une « Tortue » existe dans l’océan Indien : à nous-minm ça ! Alors, pourquoi pas « les Tortues » ? Mais je ne garantis pas que mes amis Versini, Dupont ou Vax vont vraiment aimer.

Les « Hexagonaux » ? Beurk ! Reste « les Zoreils », terme autrefois insultant, voici quelque 50 ans. Mais les temps ont changé. Et pour les futurs ex-Métros installés à demeure, reste « les Zoréols », terme affectueux grâce aux Jokarys.

Ou alors… les « ET » : « Extérieurs transfigurés ».

Bon, je sors…

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