L’élection régionale n’est pas un référendum !
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L’élection régionale n’est pas un référendum ! Qui se le rappelle ? 22 Mars1992, un coup de tonnerre résonne dans le ciel réunionnais. Freedom a gagné les élections régionales. Camille Sudre lui- même en est surpris. Et les autres, le PCR de Paul Vergès, le FRA de Pierre Lagourgue et le PS de Jean-Claude Fruteau, encaissent le coup.
L’astuce politique qui a cassé tous les pronostics, c’est Eric Michel qui l’a trouvée et qui la révèle ces jours-ci. Ecoutons- le : "…je dis à Camille Sudre : allons aux régionales en détournant le scrutin en un référendum pour ou contre Freedom". Vous avez bien lu : en détournant le scrutin de son objet. Et ça a suffi pour faire surgir la victoire, là ou personne ne l’attendait.
Voilà qu’en 2010 l’histoire se répète. Détournée de son but, l’élection régionale, s’est changée en un référendum sur le tram-train. L’Alliance y trouve avantage, mais n’est pas initiatrice de ce changement. Elle a tendu le piège et certains de ses adversaires y sont tombés.
De quoi est fait ce piège ? Prisonniers tous les jours des embouteillages qui les font souffrir et leur font rater des rendez--vous importants, les électeurs ne rêvent que d’une chose, en être délivrés. La délivrance, répond l’Alliance, c’est le tram-train et lui seul . Faux ! répliquent ses adversaires. C’est non faisable.
Et voilà l’élection régionale, transformée en un référendum pour ou contre le tram-train. Ce qui donne avantage à l’alliance et la dispense de débattre et de son bilan et de la future MCUR. C’est une aubaine pour elle, car elle sait qu’une partie importante de la population, perçoit la dite maison, comme un vase de cristal posé sur un tabouret de cuisine, à cause des immensités de misère qui l’entourent. Camouflée par le tram-train, elle passe.
En somme, pour recentrer le débat électoral sur le bilan de la majorité sortante et à sa capacité à inventer l’avenir, il faut en extirper le tram-train. Comment y parvenir : c’est simple. Il suffit que chaque tête de liste dise ceci : le projet de tram-train n’est pas le mien, il ne m’est pas sympathique parce qu’il cause trop de souffrances aux familles à exproprier. Je ferai tout pour les leur épargner. Et une fois élue, ma majorité réunira une commission technique, consultera les apporteurs de crédit et décidera de la suite à donner au projet, soit elle le modifie, soit elle l’abandonne, soit elle l’exécute. Car il a coûté trop cher pour être rejeté à priori.
Ce qui laisse la future majorité, fut-elle l’alliance ou une autre, libre d’exécuter le projet de tram-train, de le modifier ou de le changer, sans se déjuger ou perdre la face, car nul ne sait de quoi demain sera fait…
Albert Ramassamy ancien Sénateur


