[L'édito de Pierrot Dupuy] Paillotes de l’Hermitage : un nouveau tour de passe-passe avec les AOT

On s’acheminerait donc vers un début de solution dans l’affaire des paillotes de l’Hermitage.
Lundi matin, Joseph Sinimalé a informé Jean-Hugues Ratenon et les salariés des restaurants qu'afin de préserver les emplois, il envisagerait de permettre la construction de nouvelles paillotes en retrait de la plage, et de conserver les existantes durant les travaux, avant leur destruction.
Tout cela est bien beau sur le papier mais soulève un certain nombre de questions.
Normalement, les Autorisations d’Occupation Temporaires accordées aux paillotes prennent fin en juin prochain. Comme Joseph Sinimalé a promis de ne pas les renouveler, cela voudrait donc dire que, légalement, dès le 1er juillet, elles devraient cesser leurs activités.
Comment dans ces conditions Joseph Sinimalé peut-il dire qu’elles pourraient continuer à travailler ? Mystère…
Envisage-t-il de leur accorder une énième AOT temporaire, le temps que les nouveaux bâtiments soient construits en retrait de la plage ? Comment cela est-il possible dans la mesure où dorénavant, les AOT ne peuvent plus être attribuées, comme avant, à la tête du client, mais qu’elles doivent faire l’objet d’un appel d’offres ?
Comment, dans ces conditions, Joseph Sinimalé peut-il d’ores et déjà connaitre que ce sont les patrons des restaurants mis en cause qui bénéficieront de ces AOT temporaires, mais surtout que ce sont les mêmes qui remporteront les appels d’offres pour les futurs bâtiments en retrait ?
Autre question… La zone boisée derrière les restaurants est aujourd’hui protégée. Pour y construire, il faut modifier le PLU. Quelles garanties ont les Réunionnais qu’on se contentera de construire 3 ou 4 restaurants, pour remplacer ceux existant, et qu’on ne va pas se retrouver dans quelques années avec un front de mer complètement bétonné avec des hôtels et des dizaines de restaurants ?
Enfin, les élections municipales arrivent à grands pas. 2020, c’est demain. Quelles garanties avons-nous que si Joseph Sinimalé est battu aux prochaines municipales, son successeur ne va pas encore une fois changer d’avis et abandonner les constructions en retrait au profit d’une nouvelle solution qui mettra elle aussi plusieurs années à sortir du sable ?
Pendant ce temps, on fera quoi ? On accordera de nouvelles autorisations d’occupations temporaires aux restaurateurs actuels, alors que l’on sait pertinemment qu’ils sont dans une totale illégalité ?
Enfin, puisque le seul argument mis en avant par les défenseurs des restaurants de plage est la sauvegarde de l’emploi… Imaginons que demain, un abruti construise une paillote dans la Plaine des Sables et créée une dizaine d’emplois. Il serait dans une totale illégalité, mais s’opposerait à la démolition de sa bicoque au motif qu’il aurait créé une dizaine d’emplois. On fait quoi ? On le laisse faire ?


