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Élection présidentielle malgache: à vos marques?

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 24 octobre 2013 à 10H54

Le point à quelques encablures du scrutin du 25 octobre 2013,  premier tour de l’élection présidentielle malgache…
 
Des chiffres et des lettres...

Premier rappel pour planter le décor de cette présidentielle atypique, marquant la fin de la transition malgache qui perdure depuis Mars 2009 : une population jeune estimée à 22 millions de personnes, dont environ 40% de 18 ans et plus, ce qui donne environ 8,8 millions de malgaches en âge de voter.

D’après le dernier recensement électoral publié, la CENIT – Commission Electorale Nationale Indépendante de la Transition – décompte 7.823.305 électeurs, répartis sur 20.001 bureaux de vote, dans les 1.568 communes que compte la Grande Ile (source: http://ceni-madagascar.mg): ce qui donne environ 1 million de personnes non recensées soit 11,3% de « l’électorat potentiel ».

Le processus électoral est actuellement au stade de distribution des cartes électorales jusqu’au niveau des Communes et des 18.515 fokontany (quartiers ou villages), à réaliser impérativement jusqu’au 25 Octobre, date du scrutin.

Concernant le contexte politique, l’établissement du fichier électoral et des cartes d’électeur, la campagne électorale et la sensibilisation des électeurs, les observateurs internationaux et notamment la mission d’observation de l’Union Africaine  observent un optimisme prudent, comme l’indique la « Déclaration préélectorale du 21 octobre 2013 »: « Depuis sa mise en place, la CENI-T a déployé des efforts importants pour la bonne conduite du processus électoral. Cependant, quelques difficultés sont observées sur le terrain. »… « A ce jour et à l’exception de quelques incidents isolés, la campagne se déroule dans un calme relatif.»
 
33 candidats…

Pour avoir une idée du profil de ces 33 candidats –dont 2 représentantes de la gent féminine- le plus court chemin est celui de rfi.fr, avec un dossier complet et mis à jour incluant notamment l’interview de chaque candidat  - cf http://www.rfi.fr/afrique/20131014-presidentielle-malgache-candidats-s-expriment-rfi.

D’après les exposés diffusés sur les chaînes publiques, les thèmes abordés par les 33 candidats convergent pour la plupart ; tels que le retour de la sécurité, la gratuité des soins médicaux et de l’enseignement public ou la création d’emplois, sachant que  ces thèmes répondent aux préoccupations de la majorité de la population touchée par le marasme économique et la paupérisation en quelques années.

Les débats contradictoires, largement diffusés sur les ondes publiques, ont par contre mis à jour les dissensions des candidats « sortants » issus de la transition - qui n’ont pas manqué de se « tirer dans les pattes » pour se démarquer de leurs ex-alliés du changement promis en 2009 ! - et permis aux adversaires de la Transition de développer leurs arguments.
Sur le financement des candidats durant cette campagne atypique, on parle de budgets de propagande atteignant au bas mot plusieurs dizaines de millions de dollars pour certains, quand la population compte 92% de taux de pauvreté (équivalent de moins de 2 US $ par jour par personne).

Enfin, les électeurs ont constaté un certain traitement inégal des candidats, flagrant quand le candidat « favori du président » Hery Rajaonarimampianina – ce n’est plus un secret car il déjà annoncé « qu’en cas de victoire, il offrirait le poste de premier ministre à Andry Rajoelina », suivant le fameux scénario à la Poutine - pouvait distribuer à gogo ses kits de propagande -fanions, t-shirts, casquettes, sacs, etc- à travers toute l’île, tandis que d’autres outsiders attendaient indéfiniment le dédouanement de leurs conteneurs de matériels de propagande au port de Toamasina ou à l’aéroport d’Ivato ??

Taux de participation...

Après un mois de pérégrination des 33 candidats par monts et par vaux - et par la voie des airs pour les plus fortunés- les tendances de vote sont incertaines, suivant une dispersion probable des voix entre une dizaine de « favoris », la vingtaine restante devant se partageant les « zéros virgules et quelques » de l’électorat :

*on s’attend d’une part à un taux assez élevé d’abstention dans les villes, signe d’indifférence ou de contestation à un processus électoral qui a trop duré;

*et d’autre part, dans les campagnes, à un taux de participation plus élevé dans l’électorat rural, suivant le degré de notoriété des élus locaux –élus sous le régime de Marc Ravalomanana- et  des « parlementaires désignés » durant la transition,  appartenant aux diverses mouvances de la transition malgache.

Face aux rumeurs de fraude -matérielle ou informatique- véhiculées sur les réseaux sociaux, la présidente de la CENIT Mme Béatrice Atallah assure que toutes les précautions ont été prises pour éviter toute manipulation frauduleuse (ce qui serait en fait une première dans les annales électorales à Madagascar… depuis la colonisation !) des plis et des résultats centralisés à l’aide d’un nouveau logiciel de traitement des résultats.

Puisse-t-elle donc faire mentir l’adage universel selon lequel « nul n’est prophète en son pays » ?
 
Par Adygasy-systemD  ce 24 Octobre 2013

 

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