“Le tatouage, c’est comme le sport, c’est addictif" : entretien avec Pierrot, organisateur de la convention tattoo

Zinfos974 : La cinquième édition de la convention démarre aujourd’hui. Comment préparez-vous cet événement ?
Pierrot : C’est un événement qui est très attendu. On le fait tous les deux ans, cela crée de la demande. Beaucoup de gens nous demandent de le faire tous les ans, mais c’est trop de travail. Ça sort un peu du lot, une convention de tatouages, ce n’est pas tous les jours.
Combien d’exposants sont présents cette année, et quels sont les critères pour avoir son stand ?
Il y a 77 box de tatouage et près de 90 tatoueurs. On a plusieurs critères qui rentrent en compte : l’ancienneté, le travail, le professionnalisme et la géolocalisation sur l’île. On regarde s’il n’y a pas trop de tatoueurs basés sur la même commune et on essaye de faire une répartition équitable entre hommes et femmes. Cette année, on a refusé 20 personnes, ça me fend le cœur. Mais on cherche à s’agrandir.
Comment peut-on expliquer la popularité des tatouages ?
C’est la recherche de l’individualité et le côté “fashion”. Aujourd’hui, on a des stars, comme les footballeurs, qui n’ont plus peur de s’afficher avec des tatouages. Cela suscite chez les gens un effet “ouais, j’en veux un aussi !”. C’est un effet boule de neige : on se rend compte qu’un tatouage, ça ne fait pas si mal. Donc, on commence par un tatouage, puis deux, puis trois…
"Les Réunionnais sont friands des tatouages"
Et à La Réunion ?
Les Réunionnais sont friands des tatouages. Il y a beaucoup de boutiques qui en proposent. Le truc, c’est qu’ici, il y a du soleil toute l’année. On est souvent dévêtu, les gens voient les tatouages que l’on porte, et ça suscite l’envie d’en faire. Quand vous êtes en métropole au mois de décembre avec trois pulls et un bonnet, on ne les voit pas. Et ça, on a moins envie. En tant qu’ancien tatoueur en métropole, je travaillais beaucoup pendant six mois, et moins les six restants. À La Réunion, c’est toute l’année.
Qu’est-ce que vous diriez à quelqu’un qui hésite à se faire tatouer ?
Si on hésite, il ne faut pas le faire. Il faut être sûr de soi. Le premier pas, c’est de franchir les portes de la boutique. Des fois, on le voit, les gens sont indécis : dans ce cas-là, je leur dis de repasser plus tard. Il n’y a rien d’urgent. Ce n'est pas un truc essentiel, un tatouage, c’est pour s’embellir le corps. Certaines personnes vont se faire tatouer impulsivement et puis d’autres hésitent. Ceux-là, je leur conseille d’attendre un peu.
Être tatoueur, une vocation qui se démocratise ?
Oui. Il y a plusieurs tatoueurs, ceux qui sont formés et les amateurs. On vous conseille de toujours vous rendre chez un professionnel. Maintenant, il y a les réseaux sociaux. Quand j’ai commencé il y a 25 ans, on se rendait à la boutique à côté de chez soi. Avec internet, on peut regarder les différentes offres. Aujourd’hui, on va avant tout chez un tatoueur pour son style.
"Concours entre tatoueurs"
Est-ce addictif ?
C’est comme le sport, c’est addictif. Dans le tatouage, il y a cette forme d’addiction, je ne sais pas pourquoi. Les gens qui n’en font qu’un, ça reste rare.
Quel est le programme pour cette convention ?
Dans les conventions traditionnelles, il y a des concours entre les tatoueurs. Nous, on n’aime pas ça. On veut que cela soit bon enfant. On souhaite ouvrir l’événement aux marmailles. Maintenant que je suis père et après plus d’une centaine de conventions, on remarque que les enfants s’ennuient. On a décidé de faire beaucoup pour eux : il y a des jeux-vidéos, des animations, des ateliers dessin, musicaux… Comme ça, les enfants s’amusent, et les parents peuvent tranquillement profiter du salon. On fonctionne avec des financements entièrement privés, comme ça on peut inviter des tatoueurs internationaux. La convention, ça nous prend plus d’un an de préparation.
La convention tattoo se déroule du vendredi 25 octobre au dimanche 25 dimanche à la Cité des Arts de Saint-Denis. Plusieurs concerts (Dust et Taba ! ce vendredi à partir de 17 heures) sont également au programme.
– Vendredi : Tarif unique 10€
– Samedi & dimanche : 14€ PRÉV. / 17€ S.P.
– Pass 2 jours et demi : 30€
– Gratuit pour les moins de 14 ans (Veuillez envoyer un mail à [email protected] afin de réserver vos places enfant)
– Le tarif prévente est valable jusqu’au 10 octobre uniquement
– Le concert de Lofofora, samedi soir, est un tarif à part


