Revenir à la rubrique : Faits divers

Le Tampon : un ancien pompier condamné pour exhibitionnisme

Ecrit par G.D. – le dimanche 23 février 2025 à 08H55
Illustration : Alexandre Robert

Un Tamponnais de 26 ans a été jugé ce mercredi pour des faits d'exhibitionnisme par le tribunal de Saint-Pierre. Déjà condamné en novembre dernier, ce qui l'a fait renvoyer du SDIS, il a recommencé à deux reprises la semaine dernière. Il a été condamné à 8 mois de prison et la révocation de deux mois de sursis.

Le 13 février dernier, deux jeunes filles de 11 et 13 ans sont déposées par le bus scolaire à proximité de chez elles. Sur le trottoir, elles sont bloquées par la portière ouverte d'une voiture garée. En demandant au conducteur de pouvoir passer, elles découvrent qu'il est en train de se masturber. Elles s'enfuient rapidement, mais sont particulièrement traumatisées. La veille, les gendarmes du Tampon avaient reçu un signalement d'une autre collégienne qui avait vu un homme se masturbant la portière ouverte devant l'église de la Chatoire. La description de l'homme et de la voiture est la même.

Lire aussi : Mangas, fascination criminelle et pédopornographie : la chute de deux étudiants réunionnais

Les gendarmes mettent rapidement la main sur l'homme. Ivan, 26 ans, est loin d'être un inconnu de la Justice. En novembre dernier, il avait déjà été condamné pour exhibitionnisme après avoir montré son sexe à deux fillettes dans un supermarché. En 2021, alors qu'il était maître-nageur à la piscine de Trois-Mares, des jeunes filles avaient fait un signalement, car il avait déjà laissé apparaître son sexe à leur vue, mais aucune suite judiciaire n'avait eu lieu.

Face aux magistrats, Ivan explique qu'il est très perturbé depuis la perte de son emploi. Pompier professionnel, le SDIS l'a renvoyé après sa condamnation d'il y a quatre mois. Surtout, il explique qu'il a des problèmes érectiles depuis sa séparation en 2021 et que la seule fois où il a réussi à avoir de l'excitation, c'est dans une situation où il pouvait être pris sur le fait. Des excuses qui tranchent avec son audition où il expliquait clairement avoir fait ça car la Justice l'avait injustement condamné précédemment, puisqu'il avait des problèmes d'érection.

“Il ne s'exhibe pas à la vue des adultes, c'est toujours sur des mineurs”

L'expertise psychiatrique va confirmer des paraphilies d'exhibitionnisme et de voyeurisme, mais il a toujours fortement nié des tendances pédophiles. Des allégations dont doute Me Amel Khlifi-Ethève, avocate des victimes, qui rappelle que le prévenu “nie une attirance pour les enfants, mais qu'il ne s'exhibe pas à la vue des adultes, c'est toujours sur des mineurs. Il ne faut pas que l'exhibition sexuelle dérape vers une agression sexuelle.”

Un avis partagé par le procureur qui confirme “un profil inquiétant. Il a été condamné il y a trois mois et il est en sursis. C'est toujours à côté de lieux où se trouvent de jeunes mineurs, avec le même procédé. Il est sous contrôle judiciaire, mais recommence par provocation. Il y a un vrai problème”. C'est pourquoi il requiert une peine de 10 mois de prison et la révocation de deux mois de sursis avec maintien en détention. Il demande également un suivi socio-judiciaire de 5 ans, une interdiction de toute activité en lien avec des mineurs pendant 10 ans et une injonction de soin.

Pour sa première plaidoirie, l'élève avocate Nina Sorette avait donc une tâche difficile avec ce dossier pour exhibitionnisme. Après avoir rappelé l'enfance chaotique du prévenu, elle estime “qu'il faut s'interroger sur son intelligence émotionnelle pour laquelle il n'a pas été éduqué. Face à ses problèmes d'érection, il a cherché des solutions et à découvert que le risque de se faire prendre est la seule chose qui lui provoque de l'excitation. C'est un délinquant sexuel, mais pas un agresseur. Une peine d'emprisonnement ferme n'est pas adaptée, car il a surtout besoin de soins.”

Le tribunal va le reconnaître coupable et le condamner à 8 mois de prison et la révocation de deux mois de sursis. C'est au juge d'application des peines (JAP) de décider ou non de son placement en détention. Il est inscrit au fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS), doit dédommager les victimes et a interdiction de toute activité en lien avec des mineurs pendant trois ans.

Etiquettes : Exhibitionnisme

Dans la même rubrique

0💬
Tri :