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Le Tampon : Il poignarde celui qui l'hébergeait malgré son handicap

Un homme de 20 ans a été condamné à 4 ans de prison, dont deux avec sursis, pour avoir poignardé un homme de 59 ans lourdement handicapé. Il n'avait pas supporté que celui qui l'hébergeait le mette à la porte.
Ecrit par G.D. – le mercredi 28 février 2024 à 07H30
Photo d'illustration

En le voyant, il est difficile de croire que Jérôme ait pu commettre un tel geste. Le jeune homme de 20 ans semble doux et inoffensif, mais il a porté 27 coups de couteau à une personne handicapée à 80%. C'est cet étrange profil qui était jugé en comparution immédiate hier au tribunal de Saint-Pierre.

Le 16 janvier dernier, Jérôme rentre alcoolisé chez Albert* qui l'héberge depuis quelques mois. Ce dernier est fatigué de le voir venir chez lui uniquement pour dormir et se laver, sans l'aider au quotidien. C'est pourquoi il se décide à mettre ses affaires dehors pour le faire partir.

Découvrant cela, le jeune homme va se munir d'un couperet et frapper son hôte. Il va même aller jusqu'à lui jeter des produits ménagers sur les yeux. Jérôme va appeler la gendarmerie en leur disant qu'il a "tué son tonton", avant de s'enfuir dans un hôtel où il sera retrouvé et interpellé.

De son côté, Albert souffre de 23 plaies. Il a des nerfs et des tendons de la main gauche sectionnés. Il s'est vu prescrire 45 jours d'ITT et est particulièrement atteint psychologiquement.

Un bilan psychiatrique prédominant

Le procès devait se tenir en janvier, mais les magistrats avaient demandé une expertise psychiatrique du prévenu. L'expert a décelé chez lui une forte impulsivité et un manque de jugement. Il a une incapacité à prévoir ses actes et à comprendre les autres.

L'expert estime qu'il a une dangerosité avérée et considère qu'il a une altération du discernement. Mais l'expert-psychiatre s'est également intéressé au syndrome d'alcoolisation fœtale (SAF) dont il souffre.

Un diagnostic qui n'a pas attendri Me Lucie Kerachni qui représente la partie civile. "Mon client a fait deux AVC qui lui ont laissé de grosses séquelles. Pourtant, il allait dormir sur le canapé et lui laissait le lit. Pour le remercier, il rentrait bourré tous les soirs et a fini par le poignarder", argue-t-elle.

"Il a ce sourire qui questionne"

S'il considère que "les faits sont éminemment tragiques", le procureur se questionne sur la question de la peine. "Il a été témoin de l'assassinat de sa grand-mère chez qui il vivait. Il est atteint du SAF dont on voit aujourd'hui les dégâts avec cette carence affective, c'est affligeant. Son alcoolisme est à présent dans ses gènes, car l'alcool a pénétré le placenta", explique-t-il avant de réclamer une peine de 4 ans de prison, dont 2 avec sursis. Il demande également 140 h de travail d'intérêt général.

"Il a ce sourire qui questionne. Il vous répond, mais j'ai cette sensation que ça ne percute pas chez lui, qu'il ne comprend pas. Il a eu cette enfance tragique, c'est pourquoi je vous demande d'aller en deçà. C'est une personnalité singulière", souligne Me Sameïdha Mardaye pour la défense.

Finalement, le tribunal va bien le condamner à 4 ans de prison, mais va allonger le sursis à 30 mois. Il a évidemment interdiction de contact avec la victime, et de porter une arme. Les dédommagements seront décidés lors d'un renvoi sur intérêts civils.

Etiquettes : Le Tampon

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