Le second tour, une nouvelle élection?

Ce soir, le sort de l'élection présidentielle sera scellé. En lice, deux candidats. L'un est considéré comme le challenger, il s'agit de Nicolas Sarkozy. Il est le président sortant mais n'a pas obtenu la pôle position à l'issue du premier tour. Et il y a le candidat du PS, François Hollande, qui s'impose comme le favori du scrutin.
Si rien n'est encore joué, ce premier tour a ainsi permis de se faire une idée de ce que pensent les Français. Peut-on pour autant considérer que le premier tour est un indicateur fort de l'issue du second? Sur les six dernières présidentielles, le gagnant du second tour est sorti trois fois en tête au premier. Il s'agit de François Mitterrand en 1988, de Jacques Chirac en 2002 et de Nicolas Sarkozy en 2007.
Autrement, celui qui est arrivé second au premier tour a finalement été élu. C'est le cas de Valéry Giscard d'Estaing en 1974 qui avait été distancé au premier tour par François Mitterrand. Les rôles se sont inversés en 1981. Et en 1995, Jacques Chirac avait été distancé par Lionel Jospin avant de l'emporter.
Peut-on alors considérer le second tour comme une nouvelle élection? Au regard des résultats passés, oui. Le candidat en tête du premier tour n'est jamais sûr d'être Président. Parfois, le second tour d'une élection présidentielle prend des allures de référendum, pour ou contre le président sortant.
L'ordre au premier tour est finalement sans grande importance, il est plus judicieux de considérer un autre paramètre, celui du report des voix.


